Collaboration spéciale Dale Bracewell

Depuis 2015, la moitié des déplacements effectués à Vancouver se font à pied, à vélo et en transport en commun, un objectif du plan de transport qui a été atteint cinq ans à l’avance. Et de tous les modes de transport, c’est la bicyclette qui a connu la plus grande croissance depuis ces deux années. Le directeur de la planification des transports de la Ville de Vancouver, Dale Bracewell, est de passage à Montréal pour le Festival Go vélo et fait le point sur les bons coups de ce plan.

Qu’est-ce qui distingue le plan de transport de Vancouver, adopté en 2012?
Premièrement, il soutient notre économie. Il soutient les gens qui ont choisi de travailler, de vivre et de s’amuser à Vancouver. Il nous aide aussi à devenir une ville verte.

Nous avons comme objectif que les deux tiers des déplacements soient effectués à pied, à vélo ou en transport en commun d’ici 2040. Un autre but que nous avons est d’assurer la sécurité et le confort de la population. Nous nous inscrivons ainsi dans une perspective de réduire à zéro les décès sur les routes.

Présentement, dans plusieurs villes, l’automobile est encore au sommet de la hiérarchie des transports. Dans le plan de transport de Vancouver, cet ordre est complètement changé et met les déplacements à pied au sommet, suivis de ceux à vélo puis de ceux en transport en commun. Pourquoi est-il important de renverser cette hiérarchie?
[À Vancouver], cet ordre a été modifié dès 1997. C’était important parce que Vancouver n’est pas une ville qui s’est définie par rapport aux autoroutes, et ce, déjà dans les années 1960 et 1970. Nous voulions être une ville qui croît, qui se développe. Et la marche, le vélo et le transport collectif sont, au final, plus efficaces que l’auto pour ce qui est de l’allocation d’espace.

Quelles ont été les principales difficultés dans l’atteinte de ces buts?
Je crois que nous travaillons à l’encontre d’une culture. Les gens ont encore, et auront encore besoin d’utiliser leurs véhicules. Nous devons faire les choses de façon réfléchie, avec beaucoup de consultations et avec une approche étendue dans le temps. Nous devons fournir aux gens de nouvelles options pour la marche, le vélo et les transports collectifs qui ne font pas seulement partie d’un plan, mais qui vont
améliorer leur vie.

«[À part les infrastructures], la chose importante est la promotion. Nous faisons de l’éducation, nous motivons les gens, nous cherchons à comprendre leurs barrières, ce qui les aiderait à pédaler davantage.» – Dale Bracewell, directeur de la planification des transports de la Ville de Vancouver

Tous les cyclistes n’ont pas les mêmes besoins ou objectifs: certains font leurs déplacements quotidiens à vélo, d’autres utilisent la bicyclette comme loisir et d’autres encore s’entraînent. Comment peuvent cohabiter tous ces usages sur une même piste cyclable?
Nous tentons de concevoir des pistes cyclables sécuritaires et confortables pour tous, séparées des voies de circulation, et oui, cela peut signifier qu’il faille réduire la vitesse. C’est aussi ce qui arrive aux automobilistes. Avec les changements à la signalisation pour permettre aux piétons et aux cyclistes de traverser les rues, leurs trajets sont probablement plus longs aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Nous nous attardons plus à la fiabilité des déplacements qu’à la vitesse. Mais les cyclistes qui veulent réellement aller vite peuvent continuer d’utiliser les rues et les routes où circulent les voitures. Il n’y a pas d’obligation à utiliser les pistes cyclables.

Les vols de vélos peuvent être un problème majeur. Tel que mentionné dans votre plan de transport, plusieurs cyclistes qui se font voler leur vélo ne le remplacent tout simplement pas. Comment allez-vous travailler à contrer ce problème?
Le service de police travaille avec nous, entre autres, comme partenaire du projet 529. C’est un partenariat intéressant avec le privé, qui a créé une application permettant d’inscrire son vélo dans un registre. La police peut consulter ce répertoire si elle trouve un vélo et ainsi retrouver le propriétaire. Le taux de succès est élevé. Il y a aussi eu un service de stationnement («valet parking») sur Granville Island et la réduction du nombre de vols a été impressionnante.

Que devrait faire Montréal, selon vous, pour encourager la pratique du vélo?
Miser sur la qualité et non sur la quantité. Ce n’est pas le nombre de kilomètres du réseau qui est important, c’est le genre d’infrastructures et la façon dont elles sont aménagées pour les personnes de tous âges et de toutes capacités. Ensuite, il s’agit d’établir un véritable réseau en connectant les pistes cyclables. Et il faut avoir la volonté de réaliser certains projets plus difficiles. Nous avons eu quelques exemples à Vancouver, qui, après plusieurs discussions, ont été approuvés par le conseil municipal. Ces projets ont véritablement aidé à changer les mentalités par rapport aux déplacements à vélo. J’ai hâte d’en apprendre plus sur Montréal pendant ma visite.

Conférence

Vancouver, ville verte, ville vélo!

  • Demain, à 17h30, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque (475, boul. de Maisonneuve Est)
  • En anglais

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