Chantal Levesque Denis Coderre et Robert Poëti.

Le député libéral et ex-ministre provincial Robert Poëti affirme avoir refusé les avances du maire de Montréal, Denis Coderre, pour se présenter comme maire de LaSalle aux prochaines élections municipales, sans toutefois fermer la porte définitivement.

«Denis [Coderre] m’a demandé de représenter son équipe. Je lui ai répondu non», explique à Métro l’ancien ministre des Transports. Très proche du maire de Montréal, Robert Poëti est courtisé depuis plusieurs mois par l’ex-député fédéral, qu’il voit «une fois par mois», pour tenter de déloger Manon Barbe de la mairie de LaSalle, un poste qu’elle occupe depuis 2003. L’élu montréalais avait d’ailleurs reconnu, en août 2016 lors d’un point de presse, avoir des discussions à ce sujet avec son «ami».

«On mange souvent ensemble à LaSalle, assure le député de Marguerite-Bourgeoys. La dernière fois, lors d’un déjeuner, il a demandé aux gens dans le restaurant: “Il ne ferait pas un bon maire?” C’est un secret de polichinelle, Denis est persévérant, mais actuellement je n’ai pas l’intention de me présenter en politique municipale, même s’il y a des gens qui m’en parlent et qui aimeraient ça.»

Les mots sont posés et choisis. A plusieurs reprises, par téléphone, Robert Poëti mentionne «ne pas avoir de boule de cristal» et «ne pas connaître l’avenir». Garde-t-il la porte ouverte pour les élections du 5 novembre? «Non, nie-t-il, mais on ne peut jamais dire jamais. Je suis honnête, je ne sais pas ce qu’il peut se passer dans 4 mois, dans 6 mois ou dans un an.»

«Je ne peux pas empêcher des gens de penser que [me présenter aux élections municipales] est une bonne idée.» – Robert Poëti, député libéral

Attend-il un éventuel remaniement à Québec, après son éviction du gouvernement Couillard en janvier 2016 qu’il avait mal vécue? «Oui, j’ai eu un choc. J’étais déçu et surpris, mais je n’allais pas éternellement rester dans mon coin, répond-il, sans préciser ses attentes. J’ai déjà dit qu’avoir une responsabilité ministérielle permet de faire avancer des dossiers plus rapidement. Mais si je n’étais pas heureux, j’aurais démissionné. Je travaille pour mes électeurs».

Candidat à Québec
À Montréal, plusieurs sources rapportent l’envie de Denis Coderre de lui offrir, en cas de victoire électorale, une place au comité exécutif et le portefeuille municipal de la sécurité publique. Un poste occupé actuellement par Anie Samson, mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

«Il ne m’a rien promis, indique l’ex-porte-parole du parti libéral en matière de sécurité publique entre 2012 et 2014. Tout ce qu’il m’a dit, c’est: «Si tu viens avec nous autres, tu auras du plaisir». Et je sais qu’Anie Samson fait un excellent travail à son poste.»

L’avenir, Robert Poëti l’envisage pour l’instant à Québec. Même si Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, avait dévoilé en février s’être vu offrir sa circonscription pour les élections provinciales prévues en octobre 2018 – qu’il a déclinée–, l’intéressé affirme «être candidat».

«Philippe Couillard m’a confirmé qu’il n’avait rien à voir avec ça et au final, c’est lui qui décide, détaille-t-il. Je vais me représenter comme député.» Avant de raccrocher, Robert Poëti glisse qu’il est toujours «possible de changer d’idée» s’il «arrive quelque chose». Une simple «hypothèse», jure-t-il à Métro.

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