L’École polytechnique de Montréal ouvrait ses portes au public dimanche. Métro vous offre un aperçu des innovations qui mijotent dans la tête des étudiants en génie de la métropole.

Mission impossible


Utiliser l’intelligence artificielle pour résoudre une mission en apparence impossible : voilà le genre de défi que doivent relever les membres de l’équipe Élikos, qui s’intéresse à la robotique aérienne.

Dans le cadre de l’International Aerial Robotics Competition (IARC), les étudiants ont dû concevoir un drone sans pilote capable d’interagir avec des robots au sol tout en évitant des obstacles et en s’orientant dans l’espace sans GPS.

«Quand la mission a été donnée [en 2013], elle était tout simplement impossible à résoudre, parce que la technologie n’était pas suffisamment évoluée, a confié Riad Gahlouz, étudiant en génie.

«C’est l’avenir, comme si on implantait un cerveau artificiel à un ordinateur pour qu’il pense par lui-même.» – Riad Gahlouz, étudiant à Polytechnique

À ce jour, aucune équipe universitaire n’a encore relevé le défi, mais l’équipe de Polytechnique est celle qui s’en approche le plus en Amérique du Nord. La mission devrait être accomplie lors de la prochaine tenue de l’IARC, notamment grâce aux avancées de l’intelligence artificielle.

«C’est la technologie émergente dans le domaine de l’informatique, soutient Riad Gahlouz. Jusqu’à maintenant, on montrait à l’ordinateur comment réfléchir en lui imposant des étapes de résolution de problèmes. Avec l’intelligence artificielle, c’est à l’ordinateur de décider lui-même des étapes pour arriver à une solution optimale.»
«C’est un domaine qui n’est pas encore très développé. Par nos tests, on aide à réduire l’incertitude pour arriver à un produit capable d’accomplir une mission. C’est très stimulant.»

Pour l’amour du béton

Matériau mal aimé de notre paysage urbain, le béton reste incontournable dans tout projet de construction. Pour se familiariser avec ce grand incompris, des étudiants en génie participent à une compétition interuniversitaire de fabrication de canoës en béton (oui, ça flotte).

«Un des principes pour que le canoë flotte, c’est de s’assurer que le béton a une densité plus faible que l’eau, explique Francis Gauthier, directeur technique de l’équipe Canoë de Béton Polymtl. On peut également ajouter des caissons de flottaison pour réduire la densité globale. La forme du canoë va également aider. Évidemment, on cherche à faire le béton le plus léger possible, non seulement pour qu’il puisse flotter mais aussi pour qu’il soit manœuvrable en course.»

En plus de dessiner et de construire l’embarcation, les étudiants doivent élaborer leur propre béton. «C’est un problème d’ingénierie à plusieurs volets», résume Myriam Croteau, responsable du côté artistique du bateau.

Au-delà de l’aspect compétitif et sportif (il faut non seulement ramer mais aussi déplacer l’embarcation sur la terre ferme!), le canoë de béton est une expérience très formatrice pour les futurs ingénieurs, particulièrement pour ceux qui se destinent à la conception d’infrastructures publiques.

«Peu nombreux sont les ingénieurs civils qui n’auront pas à manipuler du béton au cours de leur carrière», admet Francis Gauthier.

Sur la route du soleil

Si la voiture électrique arrive à faire peu à peu sa place dans nos entrées de garage, c’est notamment grâce aux générations d’ingénieurs qui ont œuvré pour lui donner une autonomie et une puissance plus grandes. Le travail se poursuit toujours, notamment dans le domaine de la voiture solaire.

Le prototype Esteban 8 peut par exemple atteindre une visite de pointe de 115 km/h. Et si le projet existe à Polytechnique depuis 1998, l’histoire des voitures solaires remonte aux années 1980.

«Les premières voitures, avec 10 m2 de panneaux solaires, obtenaient les mêmes performances qu’on a aujourd’hui avec 6 m2 de panneaux, illustre Philippe Turcotte, directeur de l’équipe électrique du projet Esteban. L’année prochaine, nous allons passer à une superficie de 4 m2 de panneaux solaires.»

Peu à peu, on se dirige vers des prototypes performants qui ressemblent davantage à des automobiles conventionnelles.

«Il existe deux classes de voitures solaires : challenger, pour la vitesse, et cruiser, qui se rapproche des voitures qu’on connaît. Ce sont deux approches qui se développent indépendamment l’une de l’autre mais qui convergent vers un modèle plus viable», estime Philippe Turcotte.

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