Josie Desmarais/Métro Le bâtiment où loge le CPE Soleil du Quartier pourrait être mis en vente.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a lancé le processus de vente pour 12 de ses bâtiments excédentaires, dont sept abritent des centres de la petite-enfance (CPE).

Le conseil des commissaires a adopté tard mercredi soir son plan triennal de répartition et de destination des immeubles. Au total, la CSDM vise à vendre 12 édifices et à en reprendre huit autres.

Ce processus pourrait forcer neuf CPE, une école privée pour jeunes ayant des troubles de comportement, la maison de jeunes L’Hôte Maison et une poignée d’organismes communautaires, dont Jeunesse au soleil, à se trouver de nouveaux locaux.

Les responsables de cet organisme ont indiqué dans un communiqué qu’ils sont «déçus de n’avoir pu conclure une entente avec la CSDM», mais qu’ils travailleront à trouver de nouveaux locaux dès janvier.

«On fonctionne avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête», estime pour sa part France Cantin, la directrice du CPE Soleil du Quartier, dans le Plateau-Mont-Royal.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, tentait de tempérer la situation au conseil des commissaires où plusieurs des locataires concernés s’étaient présentés pour y exprimer leurs doléances. «Il n’y a pas de vente de feu, il n’y a pas de vente au privé», a-t-elle soutenu.

Rappelant que ce n’est que le début d’un processus qui prend «entre deux et cinq ans», Mme Harel Bourdon a ajouté que la CSDM souhaite «vendre aux partenaires qui sont dans ces édifices, dont des CPE».

Si certains organismes ont déjà fait part de leur intention à la CSDM, l’achat de tel bâtiment est impossible pour les CPE, souligne France Cantin. «Le ministère de la Famille s’organise pour que les CPE soient locataires. Si on veut être propriétaires, on doit fournir 50% de la mise de fonds, a-t-elle rappelé. Et les subventions qu’on reçoit couvrent tout juste nos dépenses.»

L’édifice dans lequel se trouve le CPE que Mme Cantin dirige, qui accueille 96 enfants, est évalué à 9,6 M$ par la Ville de Montréal.

France Cantin juge que «la balle est dans le camp des ministères de la Famille et de l’Éducation». «Ça fait longtemps que ces bâtiments sont payés. Le ministère de l’Éducation demande au ministère de la Famille de défrayer pour des bâtiments déjà payés par les contribuables», s’étonne-t-elle. La directrice du CPE croit que les deux ministres devraient s’entendre pour faire des transactions à l’amiable.

Même si des lettres ont déjà été écrites aux ministres, le regroupement des CPE locataires de la CSDM fera le point en janvier pour décider des prochaines actions à prendre. «Ça va être une vraie bataille», avance Mme Cantin.

Si la CSDM se dit prête à attendre que les partenaires communautaires et les CPE soient prêts à acheter, la commissaire indépendante, Violaine Cousineau, craint tout de même une vente rapide au privé. «J’ai peur qu’on veuille avoir de l’argent rapidement parce qu’on en a besoin pour le [nouveau] centre administratif», a-t-elle affirmé au conseil des commissaires.

Le centre administratif de la CSDM est fermé à cause de moisissures.

Si cela devait arriver, France Cantin soutient qu’elle se retrouverait dans un cul-de-sac. «On a déjà fait des recherches il y a quelques années pour une deuxième installation parce qu’on ne répond pas à la demande. Je n’ai trouvé aucun local que je pouvais payer, a-t-elle relaté. On ne sera pas subventionné pour ça.» Si c’est la réalité sur le Plateau, elle croit qu’elle est semblable dans les quartiers centraux.

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