Josie Desmarais/Métro La démolition de l'Hôpital de Montréal pour enfants a débuté à l'automne.

Alors que les écoles du centre-ville débordent, celle qui devait être incluse dans le projet immobilier sur l’ancien site de l’Hôpital de Montréal pour enfants (Montreal’s Children Hospital) ne verra pas le jour, pour une question de délai, a fait savoir le promoteur.

«Maintenant qu’on est en construction, on ne peut plus recevoir l’école malheureusement, a expliqué le président de Devimco, Serge Goulet, en entrevue. Ça nous aurait pris une entente au cours de l’automne. Il reste encore beaucoup de boulot, c’est une question d’encore plusieurs mois.»

Normalement, Québec exige que les commissions scolaires soient propriétaires de leurs établissements. Dans ce cas-ci, la situation aurait été inédite à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) – qui a fait allonger les délais d’approbation de la création de l’école –, puisqu’elle aurait été locataire.

La semaine dernière, De­vimco a informé la CSDM, le ministère de l’Éducation et la Ville de Montréal de sa décision lors d’une rencontre. La commissaire scolaire de Ville-Marie, Stéphanie Bellenger-Heng, dit avoir été «désagréablement surprise» en apprenant ce changement de cap.

«Je ne comprends pas leur façon de compter les pieds carrés et que du jour au lendemain, il n’y ait plus de place pour une école», a-t-elle affirmé.

«Ce n’est pas parce qu’on manque d’espace», répond le promoteur. Toutefois, pas question pour lui de prendre le risque de construire un grand espace sans un accord ferme de bail avec le ministère. «Le OK du ministère, personne n’est capable de me garantir qu’il vient en 2018 ou en 2019, a insisté M. Goulet. Pour construire une bâtisse, ça prend du financement. Si je construis une école sans entente de bail, je vais dire quoi au banquier?»

Il a ajouté ne pas connaître les paramètres, comme l’espace nécessaire ou l’organisation intérieure de la future école, et devoir informer adéquatement les acheteurs de ses 1200 logements de ce qui «occupera leur tour». L’espace prévu pour l’école sera plutôt réservé à des commerces de proximité.

«Je trouve ça désolant et irresponsable de la part du promoteur face à ses engagements envers la communauté.» La commissaire scolaire de Ville-Marie, Stéphanie Bellenger-Heng, qui souligne qu’il n’y a toujours aucune école dans le district Peter-McGill.

M. Goulet a soutenu qu’il souhaitait ardemment avoir l’école. «On aurait été bien fiers d’être les premiers à entrer une école en milieu urbain dans notre projet», a-t-il indiqué.

Si tous souhaitent l’école, à qui la faute? Le président de Devimco dit qu’il ne faut pas «chercher de coupable». «C’est dommage qu’on ait manqué notre coup, mais on est prêt pour un deuxième essai. On travaille à un projet au centre-ville et je l’ai dit à la Ville, dans celui-là il faut être capable de recevoir une école.»

Puisque la CSDM n’a «aucun recours», elle compte jouer la carte de l’acceptabilité sociale pour forcer le promoteur à inclure une école dans son projet. Une manifestation, organisée par des citoyens du district, est d’ailleurs prévue samedi et la présidente de la CSDM Catherine Harel Bourdon y prendra la parole.

«C’est comme si on avait enlevé à la communauté un site exceptionnel qui a été vendu à un promoteur pour faire du condo, a avancé Mme Bellenger-Heng. On est un peu pris avec les décisions de l’administration précédente.»

Projet Montréal, parti Valérie Plante, a décrié maintes fois la gestion de ce projet. Mercredi, le cabinet de la mairesse a indiqué à Métro avoir «des discussions avec tous les partenaires incluant les promoteurs pour trouver des solutions» et évaluer «d’autres sites» pour des écoles au centre-ville.

Si la CSDM dit avoir l’appui de l’administration municipale, le promoteur de son côté, ne croit pas que la Ville lui mettra des bâtons dans les roues. «On est de plein droit et la Ville a vu les efforts qu’on a fait et notre volonté, on reçoit un centre communautaire dans ce projet», a mentionné M. Goulet.

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