Josie Desmarais/Métro Un rassemblement de Solidarité sans frontières en soutien à Lucy Francineth Granados, en mars à Montréal

Une enquête a été réclamée à Ottawa sur la déportation de Lucy Granados.

L’organisme Solidarité sans frontières a interpellé lundi le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, et son collègue responsable de l’Immigration, Ahmed Hussen, sur le sort de cette femme sans-papiers originaire du Guatemala qui a été arrêtée le 20 mars dernier par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), puis déportée. Il soupçonne que des abus se sont produits, de même que de la violence.

Vendredi dernier, Mme Granados a été évacuée d’un centre de détention de Laval par l’arrière de l’établissement, où une clôture a été sectionnée. Un comité de soutien était massé à l’avant du bâtiment pour demander un ultime sursis.

«Entourée d’agents de l’ASFC et de policiers qui criaient « vite, vite », Lucy a marché sous la neige jusqu’à un véhicule de l’ASFC qui attendait sur une route avoisinante, a mentionné par voie de communiqué William van Driel, de l’organisme Solidarité sans frontières. Escortée par plusieurs voitures, elle a été amenée à l’aéroport, conduite directement sur le tarmac et est montée dans l’avion, qui a décollé 15 minutes plus tard.»

«Lucy était accompagnée de deux agents de l’ASFC et d’un médecin durant son long voyage, a ajouté M. van Driel. La présence d’un médecin masque le fait que le gouvernement n’a pas respecté les recommandations de quatre médecins qui ont déconseillé que Lucy soit expulsée. Elle est arrivée vivante, mais traumatisée, et son bras était encore partiellement immobile et engourdi par une blessure infligée par l’ASFC lors de son arrestation trois semaines plus tôt.»

L’ASFC a réfuté les allégations de violence et d’abus. «L’ASFC s’engage à nourrir une culture axée sur ses valeurs et principes d’éthique ainsi que ceux de la fonction publique du Canada, de façon à ce que tous ses employés affichent un comportement qui soutient l’intégrité de ses programmes et effectuent leurs activités quotidiennes avec professionnalisme», a-t-elle indiqué dans un échange de courriels.

Lucy Granados vivait depuis neuf ans à Montréal. Cette organisatrice communautaire a déposé en septembre 2017 une demande de résidence permanente. Au moment de sa déportation, elle n’avait pas reçu de réponse. Le ministère de l’Immigration n’a pas voulu commenter lundi le cas de Mme Granados.

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