Johanna Pellus/Métro Média

L’Agglomération de Montréal a annoncé jeudi l’acquisition d’un terrain de 14 hectares situé à Sainte-Anne-de-Bellevue, pour agrandir le parc-nature de l’Anse-à-l’Orme.

«Félicitations aux militants qui se sont battus dans ce dossier. Votre voix a été entendue», a lancé la mairesse de Montréal Valérie Plante et aux nombreux membres de la Coalition verte et du groupe Sauvons l’Anse-à-l’Orme présents à la conférence de presse.

Puisque le terrain appartenait au promoteur privé Développement immobilier SAB depuis 2011, les municipalités de l’île devront débourser 10,9 M$ pour son acquisition.

Ceci vient mettre un terme à une dispute juridique entre les municipalités et le promoteur. Ce dernier, qui avait l’intention de construire 550 unités de logements sur le terrain avait déposé une poursuite de 35 M$ l’été dernier.

«Préserver des espaces vers, ça vaut son pesant d’or et c’est un choix de société. Les espaces verts sur l’île, il en reste très peu», a souligné Mme Plante, qui a parlé d’un «geste fort» qui permettrait la sauvegarde de plusieurs espèces de plantes et d’animaux.

La mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa, a relaté avoir promis à sa fille il y a 15 ans de sauver la «maison des oiseaux». «Chaque jour, des arbres disparaissaient. En 2006, la Ville prévoyait des construction de tours de condominiums à perte de vue au lieu de milieux humides», a-t-elle rappelé, disant avoir fait le saut en politique dans le but de sauver l’Anse-à-l’Orme.

Le terrain est situé au sud-ouest du territoire actuel du parc-nature. Les deux municipalités souhaitent améliorer l’accès au parc-nature par l’ajout de corridors verts et de liens piétons, notamment depuis la future station du Réseau express métropolitain (REM) qui doit être construite près du parc d’ici 2021.

L’intention d’annexer ce terrain au parc-nature avait été approuvée par le comité exécutif de la Ville de Montréal il y a quelques semaines. Tout comme l’ajout d’un terrain du ministère de l’Environnement du Québec et un étant déjà la propriété de la Ville de Sainte-Anne-de-Bellevue.

Jeudi toutefois, Valérie Plante n’a pas voulu s’avancer sur l’avenir d’un terrain de 186 hectares à Pierrefonds-Ouest sur lequel du développement immobilier doit être fait. «On y va étape par étape. Quand on parle de créer un parc national de l’Anse-à-l’Orme dans l’ouest de l’île, il y a différentes possibilités et on envisage tous les scénarios», a soutenu Mme Plante, dont le parti, Projet Montréal, s’est toujours opposé au projet de développement immobilier dans ce secteur.

Le maire de l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro, Jim Beis, a dit être «ni pour, ni contre» la création d’un parc-nature sur le terrain sur lequel doit voir le jour le projet immobilier Cap-Nature. «On veut savoir comment ils vont aller chercher l’argent nécessaire pour acheter ces terrains, a-t-il questionné. Je suis pour le développement durable, mais il faut respecter les lois des promoteurs. Ils ont le droit de construire.»

Il déplore que l’administration s’oppose à une densification de l’ouest de l’île, qui permettrait entre autres de réduire l’utilisation de la voiture, d’autant plus que le REM doit arriver dans le secteur dans les prochaines années.

Valérie Plante a pour sa part ajouté qu’il fallait avoir une «approche balancée», mais qu’il y a d’autres possibilités de développement immobilier dans Pierrefonds.

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