Josie Desmarais/Métro

Pas moins de 469 constats d’infraction ont été remis à des automobilistes qui ont utilisé le mont Royal pour transiter depuis le début du projet pilote qui l’interdit, le 1er juin.

Ce sont les données fournies à Métro par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en date de jeudi dernier. Ces 469 constats en 69 jours représentent près de 7 contraventions par jour.

Depuis le 1er juin, il est impossible de passer d’un côté à l’autre de la montagne, puisque traverser du chemin Remembrance à la voie Camillien-Houde est interdit, sauf aux autobus.

L’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, qui critique la fin du transit sur le mont Royal depuis son annonce, croit que le nombre élevé de contraventions «montre les failles du projet-pilote». «Les policiers ne sont pas là jour et nuit, donc ce n’est qu’un aperçu des infractions. Ça démontre qu’il y a une mauvaise signalisation et que le projet est un échec», a déploré le chef d’Ensemble Mont­réal, Lionel Perez.

Du côté du cabinet de la mairesse, Valérie Plante, on affirme que des mesures ont été prises depuis juin, dont des activités de sensibilisation du SPVM, pour limiter le nombre de contrevenants. «Des bonifications ont été apportées à la signalisation pour améliorer la cohabitation entre les différents usagers et assurer leur sécurité», a souligné l’attachée de presse de Mme Plante, Geneviève Jutras.

Le SPVM n’a pas pu préciser s’il y avait eu une amélioration du respect des mesures depuis début juin, car il s’agit d’une «nouvelle mesure». «Il est difficile de comparer», a soutenu le corps policier.

C’est à la suite d’une manœuvre illégale, soit un virage à 180 degrés, que le cycliste Clément Ouimet a été fauché par une voiture en octobre 2017. Son décès a suscité un débat autour de la sécurité sur le mont Royal, qui a éventuellement débouché sur le projet pilote actuel.

«La même manœuvre est toujours possible sur Camillien-Houde, a soutenu M. Perez. Bien qu’il y ait eu une réduction de l’achalandage, beaucoup d’enjeux de sécurité restent.» Il croit même que la fin du transit automobile peut donner «un faux sentiment de sécurité» aux cyclistes, qui rouleraient plus vite qu’à leur habitude.

L’administration n’a pas voulu s’avancer à savoir si un aménagement différent devrait être fait pour limiter les manœuvres illégales, dans le cas où le projet pilote deviendrait permanent. «Nous ne spéculerons pas pour le moment. Nous attendrons la fin du projet pilote et le rapport de l’Office de consultation publique de Montréal», a ajouté Mme Jutras.

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