Société du parc Jean-Drapeau

Pas moins de 52 présentations auront lieu durant les 5 journées que durera la consultation publique prévue pour réfléchir à l’avenir du parc Jean-Drapeau, qui doit se doter d’un nouveau plan de développement et d’aménagement sur 10 ans. Métro met la table en ce début des audiences de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), mercredi, où deux visions opposées, mais peut-être réconciliables, s’affrontent.

Contexte
Cinquante ans après l’Expo 67, le parc Jean-Drapeau se cherche un second souffle. Selon plusieurs, cela passe par une reconnexion avec l’aspect naturel qui a perdu beaucoup d’importance au fil des années face au divertissement, symbolisé notamment par le Grand Prix du Canada ou le festival Osheaga. À titre d’exemple, la construction d’un amphithéâtre de 65 000 places et la rénovation des paddocks de F1 coûteront plus de 120M$ en fonds publics et nécessiteront la coupe de 1063 arbres. Depuis 1993 et jusqu’à cet été, la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) n’a compté un architecte paysagiste dans son équipe de direction que pendant six ans, ce qui est pourtant la norme pour un grand parc urbain. Le plan de développement et d’aménagement 2018-2028 doit sceller la nouvelle vocation du parc et répondre aux principaux enjeux soulevés.

Nature

Afin de redonner sa vocation d’origine au parc Jean-Drapeau, l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) recommande de faire du site un laboratoire de design intégrant l’architecture du paysage. Cette signature serait utilisée pour réaménager de réelles promenades, le long du fleuve Saint-Laurent, qui seraient connectées à l’ancienne Place des Nations, actuellement inutilisée et cernée par les broussailles. «Dans le même état d’esprit, on pourrait faire revivre les Floralies par des expériences immersives et démontrer que les revenus autonomes, qui font cruellement défaut à l’entretien complet du parc, peuvent venir d’actifs naturels et pas uniquement d’évènements sportifs ou culturels», souligne à Métro Bernard Bigras, le directeur général de l’AAPQ. Selon lui, la direction du parc devra se doter d’un outil plus précis de contrôle de son patrimoine arboricole et élaborer une charte du paysage afin de mieux protéger ce site patrimonial.

Divertissement

Des 8,5 millions de visiteurs annuels, 83% sont clients de La Ronde et du Casino. Les autres sont principalement attirés par la trentaine de grands événements qui s’y tiennent essentiellement l’été.  «Le parc Jean-Drapeau est une terre de contrastes, qui accueille différents partenaires avec une offre d’activités très diversifiée (…) Il s’agit de réfléchir à l’amélioration de cette offre afin qu’elle puisse répondre de manière pertinente aux attentes des usagers et aux valeurs de développement durable du parc», écrit la Société du parc Jean-Drapeau. Même si celle-ci s’en défend, deux des principaux organisateurs de spectacles sur le site, qui sont aussi générateurs de nuisances sonores, craignent d’être restreints dans la place qu’ils pourront occuper. En prévision de la consultation, evenko et Piknic Électronik ont ainsi récolté 18 000 signatures de soutien. «Eu égard à la détérioration sans véritable remise en état constatée au cours des précédentes années, nous pouvons en déduire que les promoteurs de grands évènements ne paient pas le juste prix pour assurer la restauration des sites occupés», écrit de son côté le Conseil régional de l’environnement de Montréal qui veut notamment interdire la circulation de transit dans le parc.

Transport

Même si le parc Jean-Drapeau est accessible en métro, la configuration des îles, le manque d’autobus et la mauvaise signalisation en font un secteur où il est difficile de circuler, sauf en voiture, causant parfois des bouchons de circulation sur les deux ponts à proximité. La SPJD est doublement dépendante de l’auto, puisque ses stationnements lui procurent environ 1,6M$ par an, soit 6% du budget annuel. Elle est toutefois bien consciente de ce défi et souligne, dans son rapport de préconsultation, que «sans un plan d’aménagement facilitant l’accès sur le site et améliorant sa sécurité et son expérience, le visiteur risque d’être déçu et de ne plus revenir». L’un des premiers orateurs, le consortium SLC APM (PwC, Arup, Solutrans, Loctrans), présentera un projet de monorail aérien reliant les îles au Palais des congrès en passant par le Vieux-Port et le Casino. Le consortium, qui comprend plusieurs groupes d’expérience internationale, clame que la technologie Habegger nécessite peu d’emprise au sol et a un coût de construction compétitif (100M$/km). Il n’est pas arrivé à convaincre la Ville de Québec, qui a un projet de tramway. Un système de navettes sans chauffeur a aussi été évoqué durant les travaux de l’OCPM.

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