Pablo A. Ortiz/Métro

Ensemble Montréal souhaite que Montréal se dote d’outils pour combattre le harcèlement dans les transports en commun. L’opposition officielle propose entre autres la création d’une application mobile pour signaler en temps réel un acte de harcèlement.

Un an presque jour pour jour après le déclenchement du mouvement #Moiaussi, Ensemble Montréal veut s’attaquer au harcèlement dans les transports collectifs. L’opposition officielle à l’hôtel de ville déposera une motion en ce sens à la prochaine réunion mensuelle du conseil municipal, le 22 octobre prochain.

«Tout le monde connait quelqu’un qui a vécu une histoire de mains baladeuses dans un wagon de métro ou dans un autobus, ou pire encore», a illustré la leader de l’opposition officielle, Karine Boivin-Roy, en point de presse, jeudi.

La formation politique souhaite créer une application mobile pour que les utilisatrices puissent signaler en temps réel et de géolocaliser un acte de harcèlement ou une agression.

Ensemble Montréal proposera aussi de créer une nouvelle campagne de sensibilisation destinée aux employés de la STM et au grand public. Enfin, le parti de Lionel Perez veut que le programme «entre deux arrêts», qui permet aux chauffeurs de bus d’immobiliser son véhicule loin d’un arrêt à la demande d’une usagère la nuit, soit davantage publicisé.

Actuellement, c’est au Service de police de la Ville de Montréal (SVPM) de compiler les données de cas de harcèlement ou d’agression. Ces signalements sont très peu documentés et ne donnent que très rarement suite à des contraventions, d’après Mme Boivin-Roy.

«On manque de documentation, et le fait qu’on manque de documentation fait qu’on n’arrive pas à adresser adéquatement le problème», a soutenu Mme Boivin-Roy.

L’application mobile permettra aussi de mieux documenter cette réalité puisqu’il est actuellement très difficile de chiffrer les cas de harcèlement ou d’agression.

«Le fléau du harcèlement est un phénomène genré et récurrent, connu et reconnu à travers le monde. À titre de grande ville, Montréal n’y fait pas exception» –Karine Boivin-Roy.

Le nombre de dossiers de harcèlement ouverts par le SPVM a plus que doublé dans les dernières années. De 30 cas en 2013, il y en avait 101 en 2016, et 90 en 2017. Ces chiffres ne représenteraient pourtant que la face immergée de l’iceberg, puisque la grande majorité des victimes ne signale pas leur agression.

En 2017, un sondage non scientifique, réalisé par le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CEAFM) révélait que 85% des répondantes n’ont jamais signalé les cas de harcèlement de rue dont elles ont été victimes.

D’ailleurs, Ensemble Montréal souhaite que la STM collabore avec le CEAFM pour la diffusion de la campagne de sensibilisation.

«Nous allons prendre le temps d’évaluer les mesures demandées dans la motion avant de se prononcer sur chacune d’elles», a réagi la STM, après l’annonce d’Ensemble Montréal, en affirmant prendre ces incidents «au sérieux».

Ensemble Montréal a dit s’inspirer notamment de Paris, qui a déjà mis en service une application mobile de signalement. La capitale française organise régulièrement des campagnes de sensibilisation. En 2015, une étude révélait que 100% des Françaises avaient déjà subi une forme de harcèlement dans les transports en commun.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé jeudi qu’elle prendrait le temps de regarder la motion de l’opposition. «C’est un sujet qui me préoccupe. On en a déjà parlé, le conseil des Montréalaises en a déjà parlé, a-t-elle rappelé. Montréal demeure une ville très sécuritaire, mais je crois qu’il y a toujours matière à amélioration.»

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