Josie Desmarais/Métro Marvin Rotrand

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a assuré lundi «qu’il n’y a rien de personnel» derrière l’expulsion du conseiller municipal de Snowdon, Marvin Rotrand, du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM).

Le conseil municipal doit entériner lundi d’importants changements à la direction de la société de transport, qui auront pour effet de pousser les élus Marvin Rotrand et Valérie Patreau vers la porte de sortie. Ces derniers seront remplacés par l’ancien maire de Westmount, Peter Trent, de même que par la spécialiste en mobilité de Polytechnique Montréal et titulaire de la Chaire de recherche en mobilité, Catherine Morency.

Doyen du conseil municipal et siégeant sur le conseil d’administration de la société de transport depuis 17 ans, Marvin Rotrand n’a pas caché sa déception, lundi, en entrevue avec Métro. D’autant plus qu’il n’était pas à Montréal au moment des faits, mais plutôt à Toronto, où il assistait au congrès de l’Association canadienne du transport urbain pour représenter la STM. «C’est très ironique, très paradoxal», a-t-il reconnu au bout du fil.

De manière générale, il s’est dit «surpris» par un geste qu’il qualifie de «menace à l’indépendance de la STM».

«On doit défendre l’intérêt public et non un parti politique sur le conseil d’administration de la société de transport. Et ça, je l’ai toujours respecté. La décision prise aujourd’hui remet en question cette indépendance.» -Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon, sur la décision de l’exclure du C.A de la STM.

Il y un an, lors de son élection, le conseiller de Snowdon dit avoir cru avec conviction que la mairesse Valérie Plante voulait vraiment faire de la politique autrement. «Ce n’est pas du tout le cas en ce moment, a-t-il condamné. C’est du old style politics qui démontre que le bureau de la mairesse n’a pas agrandi sa vision.»

«Certaines personnes me disent que j’aurais des ennemis chez Projet Montréal. C’est probable. Chose certaine, j’aurais cédé ma place volontairement si on me l’avait demandé», a-t-il renchéri.

Celui qui a été élu sous les couleurs de Coalition Montréal – il ne représente ni l’opposition ni l’administration Plante – s’est dit «déçu» par la nouvelle, qu’on lui aurait apprise subitement la semaine dernière, sans préavis. Il s’en est pris à un processus soudain qui n’est pas justifiable, selon lui.

La mairesse se défend
«Mon intention est de professionnaliser le conseil de la STM, de lui amener de l’expertise, a répliqué la mairesse Valérie Plante, en mêlée de presse. Et pour montrer à quel point ce n’est pas politique ni partisan, il y a même une élue de Projet Montréal qui n’y siégera plus.»

Conseillère d’arrondissement de Projet Montréal dans Outremont, Valérie Patreau avait été nommée au conseil d’administration de la STM l’an dernier avant d’être éjectée lundi.

«Il ne faut pas s’arrêter à la personne, mais à l’intention derrière, a plaidé la mairesse. Moi, je ne le fais pas à propos de Marvin Rotrand, mais en fonction de ce que je veux offrir aux Montréalais, en termes de services et qualité du conseil de la STM», a-t-elle argué.

Changeant de sujet, la mairesse a ensuite vanté les qualités de Peter Trent, «un ancien maire d’une ville liée qui a une connaissance de la gouvernance publique et une compréhension des enjeux de transport collectif pour Montréal et pour l’agglomération».

«La STM doit jouer en équipe avec l’Autorité des transports métropolitains (ARTM), et elle le comprend très bien», a-t-elle également laissé entendre.

Aucun autre changement majeur n’est à noter à la STM. Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, demeure en poste, tout comme le vice-président, Craig Sauvé, qui est aussi élu de Projet Montréal et conseiller associé aux services aux citoyens et la mobilité.

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