Courtoisie Maquette du projet Royalmount

Les consultations publiques sur les impacts du projet Royalmount ont commencé mercredi à l’hôtel de ville, devant la Commission sur le développement économique et urbain. Plusieurs organismes s’étaient déplacés pour l’occasion afin de déplorer les conséquences qu’entraînera l’arrivée du pôle urbain multifonctionnel dans la métropole, au coin des autoroutes 15 et 40.

«On a des taux d’inoccupation assez élevés en ce moment sur certaines artères commerciales, donc pour nous, d’ajouter du pied carré commercial, c’est non-nécessaire pour la métropole en ce moment», a déploré la directrice générale de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), Caroline Tessier.

Selon le groupe, le Royalmount est un projet «à la carte» qui n’a aucune vision d’une métropole en santé, «qui n’est pas digne des années 2019 et à venir». «On n’est pas contre l’investissement, mais on pense qu’il faut repenser un projet de développement économique durable», a mentionné Mme Tessier.

Elle estime que l’arrivée de 200 boutiques supplémentaires n’est pas une bonne nouvelle pour les commerçants montréalais du centre-ville, qui amènent les gens «au cœur de Montréal». «On recommande la mise en place d’un comité de travail avec tous les acteurs du développement économique et les élus», a-t-elle plaidé.

Son point de vue semblait partagé par l’architecte Ron Rayside, de la firme Rayside Labossière. Appelé à réagir devant la commission, l’expert a estimé que le Royalmount «doit être connecté avec son environnement». «Il ne faut pas le regarder comme le seul projet, mais bien en prenant en compte tous les chantiers et les quartiers autour», a-t-il expliqué.

«On ne dit pas que le Royalmount est bon ou mauvais, on se demande juste comment on peut évaluer l’impact du projet dans un ensemble le plus complet possible.» -Ron Rayside, architecte.

Il a lancé l’idée d’un «super PPU [programme particulier d’urbanisme]» qui réunirait tous les acteurs impliqués autour d’une table de discussions avec le promoteur.

Pour l’organisatrice communautaire au Projet Genèse, Claire Abraham, il faudrait parler davantage d’itinérance et de précarité dans ce débat. «Quand on parle d’un grand développement, on devrait surtout parler de logements sociaux, abordables et locatifs, a-t-elle expliqué.

«Si la majorité des Montréalais pouvait s’acheter des condos de luxe, on devrait en créer, oui. Mais en réalité, la majorité d’entre eux ne peuvent pas être propriétaires en ce moment. Et ce n’est pas pour eux qu’on est en train de développer», a-t-elle martelé. Selon les chiffres de l’organisme, à peine 2% des développements immobiliers concernaient des logements sociaux cette année.

D’un point de vue culturel, le Royalmount pourrait aussi se révéler destructeur, selon le président du C.A du Partenariat du Quartier des spectacles (QDS), Jacques Primeau.

«Si on réussit à attirer 1,5 million de spectateurs [au Royalmount], ce serait potentiellement une catastrophe pour toutes les salles du QDS, et de la région métropolitaine.» -Jacques Primeau, président du C.A du Partenariat du QDS.

«Un diffuseur veut toujours avoir un nombre de salles X remplies à pleine capacité, et avec cet argent-là, il fait des spectacles à plus haut risque. C’est ce qui fait qu’on a une diversité culturelle extraordinaire à Montréal. Mais cet équilibre-là, il peut être rompu facilement», a-t-il ajouté, laissant entendre qu’un déplacement des activités culturelles pourrait engendrer des conséquences importantes.

Rappelons que la construction du site regroupant hôtels, commerces, bureaux, restaurants et salles de spectacle doit s’achever en 2022, pour une ouverture pendant la saison estivale. D’ici là, trois autres consultations publiques doivent avoir lieu en 2019, les 9, 16 et 17 janvier prochains. Les recommandations de la commission pourront ensuite être adoptées lors du conseil municipal du 25 février. Quelque 50 mémoires d’organismes ont été reçus par la Ville jusqu’ici.

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