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Les boules du Village reviendront sur Sainte-Catherine Est

Village Montréal compte près de 300 entreprises réparties sur Sainte-Catherine Est, entre Saint-Hubert et Cartier, et sur Atateken, entre René-Lévesque et Robin. Photo: Yves Provencher/Métro

Soraya Martinez Ferrada et son équipe reverront le projet de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Est, notamment en ramenant les célèbres «boules» qui ont fait la renommée du Village depuis des décennies. Un certain flou demeure toutefois concernant la piétonnisation de l’artère à l’année.

Les célèbres boules roses ont marqué l’identité du Village de 2011 à 2019. Elles ont été retirées à la demande de l’artiste qui les a conçues, Claude Cormier. Depuis, la Ville de Montréal tente de trouver une œuvre de remplacement qui marquera aussi bien l’imaginaire.

Au moment de présenter son concept de réaménagement de Sainte-Catherine Est, l’ancienne administration de Valérie Plante avait proposé un «plafond lumineux». Ce plafond serait composé de milliers d’ampoules installées à l’année.

La nouvelle mairesse change toutefois les plans. Les boules de Claude Cormier reviendront dans le Village à la fin du réaménagement.

«Les boules sont bien plus qu’une œuvre d’art. Elles sont devenues un symbole du Village, un symbole de Montréal. Des milliers de sphères, toutes différentes, réunies en une seule œuvre, c’est à l’image du Village, d’une communauté ou chacun peut être pleinement lui-même», affirme Soraya Martinez Ferrada.

Soraya Martinez Ferrada devant un aménagement représentant les célèbres boules du Village à la Place du Village.
Soraya Martinez Ferrada

Sarah-Justine Leduc-Villeneuve de Tourisme Montréal souligne l’attrait international de l’œuvre de Claude Pinard. Il y a une dizaine d’années, l’organisme lançait même une campagne publicitaire internationale intitulée We’ve got balls pour attirer la clientèle LGBTQ+ à Montréal.

Sainte-Catherine piétonne en hiver… ou pas?

Le plan de réaménagement de Sainte-Catherine Est a été revu de fond en comble. La Ville a notamment revu les matériaux choisis pour favoriser la durabilité et la facilité d’entretien.

Le plan de l’ancienne administration prévoyait une piétonnisation à l’année de l’artère entre Berri et Papineau. Selon Mme Martinez Ferrada, ceci demeure «l’objectif», mais la mairesse se laisse l’option d’annuler la piétonnisation en hiver.

«Sainte-Catherine pourrait devenir une des plus grandes artères piétonnes au monde. Moi, je rêve d’une rue piétonne de Papineau à Atwater. […] Mais ça nécessite énormément d’animation pour maintenir une rue piétonne en hiver», dit-elle.

Mme Martinez Ferrada souligne que la piétonnisation hivernale de Sainte-Catherine Ouest fonctionne parce que le Quartier des spectacles est animé à l’année, avec des festivals et des événements de toutes sortes. Prolonger ce concept dans le Village nécessite une plus grande concertation avec les commerçants, et une «flexibilité» pour revoir les plans selon les réalités du terrain.

La mairesse veut éviter que le réaménagement ne cause la fermeture de commerces. Déjà, le restaurant Saint-Hubert du Village a annoncé sa fermeture prochaine, citant le chantier à venir comme cause.

La Société de développement commercial (SDC) du Village avait appuyé le projet de piétonnisation à l’année. Son président, Francis Gaudreault, affirme toutefois que la flexibilité promise par la nouvelle administration peut fonctionner.

«Avec le projet proposé, on va avoir le choix d’avoir une piéto en hiver quand on va vouloir le faire. En ce moment, ça nous prend à peu près deux semaines pour préparer la fermeture de la rue pour l’été. Mais avec le nouveau projet, on sera capable de sortir un festival en deux ou trois jours.»

Du côté de Projet Montréal, le parti de l’ancienne mairesse, on doute de la volonté de la nouvelle administration de procéder à une réelle piétonnisation hivernale.

Christopher McCray à la Place du Village.
Christopher McCray

«Ça fait 20 ans qu’on fait la piétonnisation en été. […] Effectivement, ça prend un travail d’animation, il faut mettre des ressources pour que ça fonctionne bien. Mais on a l’expérience pour le faire», affirme le conseiller municipal Christopher McCray, qui représente le district adjacent de Sainte-Marie.

Échéancier et budget respectés

Selon Claude Pinard, président du comité exécutif de la Ville de Montréal, le budget présenté par l’ancienne administration sera respecté, tout comme l’échéancier des travaux.

Le réaménagement de Sainte-Catherine Est et les travaux sur les infrastructures souterraines devraient donc coûter environ 200 M$.

Des travaux préparatoires seront lancés au mois de septembre. Mais le chantier entrera véritablement en action à partir de l’automne 2027. «Après la saison des terrasses», souligne M. Pinard.

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