Yves Provencher/Métro

Héritage Montréal veut lancer un débat sur les paysages qui caractérisent les municipalités.

«On a construit des bâtiments intéressants, mais on n’a pas regardé comment ils s’insèrent dans un milieu. Il n’y a pas juste des dimensions automobiles ou fiscales à considérer, mais aussi les dimensions identitaires et paysagères», a expliqué, mardi, le directeur des politiques d’Héritage Montréal, Dinu Bumbaru.

Une table ronde ayant pour thème «P pour paysage» sera organisée jeudi par l’organisme de protection du patrimoine architectural pour discuter de l’importante de protéger ces paysages tant à l’échelle locale, urbaine que métropolitaine. Elle aura lieu au Centre canadien d’architecture dans le cadre l’exposition ABC: MTL. L’architecte paysagiste, Julie Saint-Arnaud, le professeur de l’École d’architecture de l’Université McGill, Nik Luka et le professeur de l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal, Gérard Beaudet, y participeront.

M. Bumbaru a noté que dans le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) qu’a adopté, en 2011, la Communauté métropolitaine de Montréal, la nécessité de mettre en valeur les paysages y est soulignée.

«Il y a sans doute des choses qu’on aurait évité de faire si on avait pensé aux paysages plus tôt, a dit Dinu Bumbaru. Comme par exemple la privatisation des berges. On voit de plus en plus les villes se doter de promenades pour que les gens puissent déambuler. La promenade est aussi une façon d’apprécier le paysage.»

M. Bumbaru a aussi donné l’exemple du nouveau pont Champlain. Selon lui, son impact sur le paysage doit être considéré. «Est-ce qu’on peut s’assurer que cet argent public soit dépensé de façon exemplaire dans sa gestion pour éviter la corruption, mais aussi dans son impact sur le paysage et le patrimoine, a-t-il demandé. C’est une règle qu’on peut intégrer qui demande moins de procédure, mais plus d’intelligence.»

Ultimement, Héritage Montréal aimerait que les comités consultatifs d’urbanisme soient plus sensibles à la protection de ces paysages et que la mise en œuvre du PMAD y mette un accent particulier. «On devrait [aussi] s’assurer que les investissements publics fassent l’objet d’une évaluation préalable de leur impact pour que chaque projet public crée du patrimoine», a précisé le directeur des politiques d’Héritage Montréal.

Aussi dans Montréal :

blog comments powered by Disqus