La rue Sainte-Catherine est rapidement devenue une artère incontournable de Montréal.

Bitume éventré, tractopelles vrombissantes et trottoirs en jachère: les travaux, la rue Sainte-Catherine (et les Montréalais) les connaissent bien. C’est même le quotidien de la grande artère commerçante depuis sa naissance, vers 1736. Le faubourg Saint-Laurent commence alors à se développer et plusieurs rues est-ouest apparaissent autour du boulevard Saint-Laurent, dont Sainte-Catherine.

C’est ce qu’explique l’historien Paul-André Linteau dans son ouvrage La rue Sainte-Catherine – Au cÅ“ur de la vie montréalaise. Spécialiste de l’histoire de Montréal, ce professeur de l’UQAM retrace le parcours de la rue depuis ses modestes débuts au milieu du 18e siècle jusqu’à son statut de destination incontournable aujourd’hui. «Faire l’histoire d’une rue est une façon de comprendre la réalité urbaine et la manière dont elle se transforme, commente l’auteur. D’autant que la vie sur la rue Sainte-Catherine passe par le travail, le théâtre, les grands magasins, mais aussi l’industrie, le textile, le commerce, les déplacements urbains.»

Tous ces sujets sont passés en revue au fur et à mesure que le spécialiste évoque le développement de la «grande» artère de la ville. Traversant les quartiers bourgeois anglophone (Saint-Antoine) et francophone (Quartier Latin), sa vocation commerciale s’affirme dès les années 1890. Les petits commerces sont supplantés par les grands magasins (ceux qu’Émile Zola appelait les «cathédrales du commerce»), et dans la foulée, le tramway électrique y passe. «La rue devient un lieu d’expédition, raconte Paul-André Linteau, et cet élan commercial attire les salles de divertissement comme le cinéma, où les films étaient présentés en primeur avant d’être diffusés dans les cinémas de quartier.»

Après un âge d’or qui durera de la fin du 19e siècle aux années 1960, le rayonnement de la rue décline, la faute en incombant notamment au succès de la télévision et à la campagne de moralité des années 1950. Malgré ce déclin, «elle reste tout de même LA rue à Montréal, rappelle l’auteur. Son succès prend des formes différentes, avec les festivals, les activités autour de la Place des Arts et les boutiques de mode…» Et la liste serait longue. Si aujourd’hui la vieille dame ne pourrait plus être le pôle culturel et économique exclusif de la ville, elle reste, comme le souligne Paul-André Linteau, «au cÅ“ur de la vie montréalaise»

La rue Sainte-Catherine en vedette
Derrière le livre de Paul-André Linteau, à l’origine, il y a une exposition présentée par le musée de Pointe-à-Callière à partir du 7 décembre, Sainte-Catherine fait la une. «Réaliser l’exposition nous a amenés à faire des recherches sur la rue qui n’avaient jamais été faites, raconte Catherine Roberge, responsable des communications du musée. Il y avait tellement de matière qu’on a eu envie de compléter l’exposition avec un livre.»

La rue Sainte-Catherine – Au cÅ“ur de la vie montréalaise
Présentement en librairie

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