Archives Métro

Au cours de la période des déménagements, des nouveaux locataires et des propriétaires vivent des situations cauchemardesques.

À l’arrivée dans son logement, le 1er juillet de l’an dernier, David a eu la mauvaise surprise de trouver l’ancien locataire endormi. Ce dernier n’avait pas fait ses boîtes, de la vaisselle sale traînait et l’appartement était une soue à cochon. Il avait «oublié» qu’il devait déménager.

La situation vécue par David n’est que l’une des nombreuses situations à maux de tête que peuvent vivre les personnes qui emménagent dans un nouvel appartement. Les comités de logements de Montréal voient chaque année des dizaines de cas révoltants. Parfois, des propriétaires s’étaient engagés par écrit à faire des travaux de rénovation, mais le locataire constate à son arrivée que ce n’est pas fait, rapporte Catherine Tragnée, porte-parole du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ). «Une locataire a déjà été prise pendant tout un mois dans un appartement en chantier, alors que ça n’avait jamais été convenu avec le propriétaire, raconte Vicky Langevin, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau-Mont-Royal. Des réparateurs venaient tous les jours chez elle et occupaient une partie de l’appartement.»

D’autres fois, les locataires découvrent un logement en mauvais état, de la vermine, des moisissures, bref, des vices qui n’étaient pas visibles ou prévisibles lors de leur première visite.

La période des déménagements apporte aussi son lot de stress aux propriétaires. Selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), le tiers des logements sont laissés par les anciens locataires dans un état négligé ou dans un très mauvais état. Les autres problèmes fréquents sont les derniers mois de loyers impayés, les clés non rendues, les locataires qui refusent de quitter les lieux et ceux qui se désabonnent d’Hydro-Québec en avance.

Environ un propriétaire sur dix a vécu dans les dernières années un cas comme celui de David, où l’appartement n’est pas libre à l’arrivée du nouveau locataire, estime par ailleurs Hans Brouillette, directeur des communications à la CORPIQ. Pour éviter qu’elles se produisent, la Régie du logement recommande aux propriétaires d’établir les modalités du déménagement en consultant le nouveau et l’ancien locataire.

Le CORPIQ estime que bien des problèmes pourraient être évités si les propriétaires pouvaient demander des dépôts. «Pour ravoir son dépôt d’un mois de loyer, le locataire prendrait le temps de mettre les choses en ordre avant de partir», plaide M. Brouillette. Le RCLALQ, de son côté, est complètement contre, arguant que beaucoup de locataires ne seraient pas en mesure de payer ce dépôt et que leur accès au logement serait compromis.

Par contre, autant les propriétaires que les locataires se plaignent des longs délais à la Régie du logement lorsqu’ils demandent des compensations pour les torts qu’ils ont subis. Lorsque les requêtes sont classées dans la catégorie des causes civiles générales, ce qui serait probablement le cas pour des demandes en dommages et intérêts reliées à plusieurs situations énumérées dans cet article, le délai moyen pour être entendu est de 20,7 mois. Des familles peuvent donc souffrir longtemps dans leur logement insalubre avant d’obtenir justice.

Aussi dans Montréal :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!