Le maire de l'arrondissement de Verdun, Jean-Francois Parenteau

Le maire de l’arrondissement de Verdun, Jean-François Parenteau, a fait le point lundi sur les faits rapportés dans un rapport du contrôleur général de la Ville de Montréal de juillet 2013 qui témoigne de nombreuses irrégularités dans la construction de tours d’habitation à l’Île-des-Sœurs. Le rapport parle notamment de constructions qui auraient débuté plusieurs mois avant l’émission d’un permis, d’une tour à condos plus haute que la limite permise et d’un stationnement souterrain hors-sol.

Les trois promoteurs impliqués dans ces événements, qui se sont produits entre 2004 et 2011, seraient Proment, Canvar et Westcliff. Proment se défend d’avoir profité du laxisme de l’arrondissement.

Le maire soutient que les relations d’amitié «très proches» entre les promoteurs et certains responsables de l’arrondissement sous l’ancienne administration, auraient permis de changer ou d’omettre certaines règles de fonctionnement, permettant aux promoteurs «d’augmenter leur marge bénéficiaire». Impossible, toutefois, de savoir si des pots-de-vin étaient impliqués. L’UPAC enquête actuellement sur le dossier.

Le maire s’est dit choqué à son entrée en poste après la dernière élection que rien n’a été fait depuis la publication du rapport; que l’ancienne administration a «banalisé les allégations».

«Mais maintenant, ce n’est plus copain-copain, à l’arrondissement, c’est plus professionnel», a-t-il assuré en conférence de presse.

Le maire a confirmé qu’une nouvelle structure avait été mise en place à son arrivée à l’arrondissement afin d’éviter que de tels événements ne se reproduisent.

Plusieurs nouveaux fonctionnaires ont été embauchés après le renvoi de deux responsables ciblés de l’époque. «Dans la chaîne de commandement, maintenant, il y a des mécanismes de vérification qui ne sont plus juste basés sur une seule personne», donne en exemple le maire. Parenteau tente ainsi de mettre fin à «l’urbanisme créatif». «À l’époque, on avait un projet, et on ajustait au fur et à mesure la réglementation», déplore l’élu.

Si le maire évalue à «au moins 1,5M$» le manque à gagner à la suite de ces événements, l’arrondissement aurait réussi à retrouver près d’un million de dollars auprès des firmes. Un processus judiciaire n’est pas exclu afin de prendre procession des 500 000$ restants.

«Erreurs de bonne foi»
La conseillère d’arrondissement de Verdun pour Projet Montréal, Marie-Andrée Mauger, estime que certaines erreurs faites dans le passé pourraient être davantage liées à un manque de connaissance de la part des fonctionnaires. «Des fois on fait des erreurs de bonnes foi, il y en a eu. Il y a eu un peu d’imagination», affirme Mme Mauger, qui tient toutefois à la présomption d’innocence pour les fonctionnaires suspendus.

Elle considère que la méthode employée par le maire de Verdun actuellement, et la formation sur l’éthique donnée aux fonctionnaires sont «suffisantes pour l’instant». «Il y a une vigilance qui a été mise en place, un message qui est clair, des règles absolues qu’on ne doit pas transgresser. (…) Mais on sait que c’est difficile pur les employés ici, dans tout ce climat», ajoute-t-elle.

Fonctionnaires ciblés
Au début 2014, l’arrondissement de Verdun a suspendu 3 fonctionnaires ciblés dans les événements.

-Benoît Malette est maintenant à l’emploi du Plateau-Mont-Royal.

-Pierre Boutin est aujourd’hui directeur des travaux publics à l’arrondissement de Côte-des-Neiges

-Jean Cardin a été blanchi par une enquête interne et est toujours à l’emploi de l’arrondissement de Verdun.

Les arrondissements de Côte-des-Neiges et du Plateau n’ont pas retourné les appels de Métro à ce sujet.

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