Métro Les services payants permettent d'attendre moins longtemps dans une salle d'attente d'une clinique sans rendez-vous.

Des entreprises profitent des longues files d’attente dans les cliniques de santé sans rendez-vous pour offrir des alternatives aux patients.

La division Bonjour-Santé de l’entreprise de communications Tooteloo offrira bientôt un nouveau service en ligne appelé «périscope» qui s’agence à un système téléphonique déjà en place. Pour un montant de 12 $, un citoyen du Grand Montréal peut avoir la possibilité qu’on lui trouve grâce à ce service un rendez-vous dans un laps de temps de cinq heures.

Bonjour-Santé a convaincu 17 cliniques de centraliser leurs prises de rendez-vous avec ses services. Chaque clinique dispose de son propre système téléphonique automatisé offert gratuitement par l’entreprise.

Parallèlement, le logiciel «périscope» fait une recherche dans les cliniques participantes pour les personnes qui ne souhaitent pas appeler elles-mêmes ces cliniques. La division entend recruter une cinquantaine de nouveaux partenaires prochainement.

Les personnes en quête d’un rendez-vous n’ont plus à se présenter en personne. Un seul appel au système automatisé ou une consultation du portail «périscope» est nécessaire pour connaitre l’heure du prochain rendez-vous disponible.

«C’est inacceptable qu’en 2012, des gens se butent à des portes de cliniques fermées puisqu’elles n’ont plus de place, dénonce le président de Tooteloo, Benoit Brunel. Notre service permet d’éviter les files d’attente et de diminuer le stress des patients.»

Le système téléphonique confirme le rendez-vous 45 minutes à l’avance avec le patient. À ce moment, certaines personnes décident parfois d’annuler leur rendez-vous puisqu’elles se sentent mieux. Les rendez-vous annulés peuvent ensuite être réattribués en ligne ou par téléphone.

La RAMQ enquête, les omnipraticiens dénoncent
La Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ) enquête sur les frais exigés par ces entreprises pour réduire le temps d’attente en clinique ou encore, pour obtenir un rendez-vous. «Nous sommes présentement en vérification et nous rendrons une décision assez rapidement», assure une répondante de la RAMQ, Paule Saillant. Les compagnies allèguent pour leur part que les coûts de leur service sont inclus dans les frais connexes optionnels permis par la Loi sur l’assurance maladie.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin, craint que le paiement de frais pour la prise de rendez-vous devienne la norme. «Nous ne sommes pas contre le fait de faciliter la vie aux patients, précise-t-il, mais ce n’est pas acceptable que ça devienne une norme de débourser 12 $ pour avoir accès à un médecin de première ligne.»

La FMOQ croit que la centralisation des rendez-vous est possible sans l’aide du privé si Québec fait preuve de volonté politique. «Le danger, c’est qu’un paquet d’initiatives privées vont voir le jour», affirme le docteur Godin.

Les services payants
Métro a recensé trois services similaires qui offrent des alternatives payantes pour informer le patient du moment de son rendez-vous dans les cliniques participantes.

  • SMS clinique. Coût 10 $. Rendez-vous : en ligne ou à la clinique. Un système automatisé envoie un message texte sur le cellulaire de l’usager en informant de l’heure approximative de passage. Un second message est envoyé 30 minutes avant la consultation.
  • ChronoMetriq. Coût 3 $. Rendez-vous : à la clinique. Après s’être enregistré sur une borne conçue à cet effet, un système informe l’usager du nombre de patients qui attendent leur tour. Un premier message est envoyé à 10 personnes restantes, un autre à 5 personnes et un dernier lorsque 2 personnes vous précèdent.
  • Patient en ligne. Coût 3 $. Rendez-vous : à la clinique. La personne à l’accueil remet à l’usager un coupon avec un code d’accès. L’usager peut ensuite s’inscrire par téléphone ou par l’internet pour connaître en temps réel l’évolution de la file d’attente.

Réaction mitigée au MSSS
Les dirigeants du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) sont mitigés face à la création de nouveaux services payants. «Le ministère encourage les initiatives qui améliorent l’accès aux soins, par contre, la mise en place de ce service téléphonique ne doit en aucun cas être obligatoire et créer de la discrimination envers les patients, souligne dans un échange de courriel avec Métro la responsable du MSSS, Nathalie Lévesque. De plus, ceux-ci doivent être informés des frais liés à l’utilisation de ce type de système.»

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