Yves Provencher/Métro

TAG-Métro-vélo-dodoSelon les données du SPVM les torts sont partagés entre cyclistes et automobilistes lors des accidents entraînant des blessures graves et des décès.

«Depuis 2006, on épluche les rapports pour déterminer les responsabilités des cyclistes et des automobilistes et au final c’est souvent 50-50», lance l’agente Nathalie Valois en marge d’une activité de sensibilisation tenue dans les rues de Montréal mardi.

Ceux qui clament sur les réseaux sociaux que les cyclistes sont des délinquants de la route devront préciser leurs propos: en 2014, sur les 30 rapports de police épluchés par le SPVM, l’automobiliste était responsable de l’accident dans 57% des cas.

Ce taux plus élevé chez les automobilistes en 2014, ne surprend guère Suzanne Lareau, DG de Vélo Québec. «L’année dernière le décès en début de saison de la cyclistes Mathilde Blais et les autres accidents forts médiatisés ont éveillé les consciences. Aujourd’hui, je vois beaucoup moins d’actes d’incivilité», note Mme Lareau.

Du côté du SPVM on souligne que la très bonne saison 2014 en matière de décès et d’accidents graves impliquant des vélos est en voie de se répéter en 2015. «On se croise les doigts, il n’y a eu encore aucun décès chez les cyclistes», explique l’agente Valois. Le SPVM note néanmoins une recrudescence des plaintes de piétons envers les cyclistes.

Métro a tenté de mesurer (de façon non scientifique) le degré de délinquance des Montréalais par rapport au code de la route. Le nombre d’automobilistes fautifs au coin des rues Saint-Urbain et Président Kennedy était de 18% chez les automobilistes (cellulaire, feux grillés, clignotant non utilisé), de 23% chez les cyclistes (feu rouge grillé) et de 21% chez les piétons derrière le magasin la Baie.

«Un automobiliste qui ne respecte pas la règlementation ne met pas en danger sa vie mais celle des autres», souligne Mme Lareau, qui recommande des aménagements au Code de la sécurité routière. Vélo Québec demande notamment l’instauration de points de démérite pour les automobilistes responsables d’emportiérage (164 cas recensés à Montréal en 2014), la possibilité pour les cyclistes de démarrer au feu piéton et l’assouplissement de la règlementation relative aux réflecteurs.

Du côté de l’inspecteur du SPVM André Durocher, qui siège aussi à la Table de consultation sur la sécurité routière, on affirme vouloir contribuer à aménager le Code afin de «gérer la cohabitation entre les différents usagers de la route et créer une culture de sécurité routière de façon graduelle car on ne peut pas légiférer sur tout.

Les accidents les plus courants

Métro a analysé les données brutes des collisions impliquant cyclistes et automobilistes de 2012 à 2014. Sur 1321 accidents dont les détails permettaient leur codification, on a recensé:

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-36% de collisions perpendiculaires (non respect d’un feu ou d’un panneau d’arrêt)

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-18% de collisions lors d’un virage à gauche à une intersection

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-14% de collisions lors d’un virage à droite (généralement auto coupant la trajectoire du vélo)

(Avec Naël Shiab)

 

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