La Ville de Montréal a déployé la moitié de son réseau de feux de circulation intelligents, qui s’inspire des réalisations de New York, Toronto, Calgary et Baltimore. Voici le détail du projet en trois arrêts.

CGMU
C’est quoi?

Le Centre de la gestion de la mobilité urbaine (CGMU) est un centre de contrôle où se gère en temps réel la circulation, grâce notamment à une équipe de 8 personnes qui surveille le réseau routier à l’aide de 217 caméras en service (300 d’ici la fin de l’année et 500 d’ici 2017). LE CGMU aura alors une vue sur les 2000 intersections de Montréal munies de feux de circulation (une caméra peut couvrir jusqu’à 5 intersections grâce à son zoom).

Au fur et à mesure que les feux de circulation sont connectés à la fibre optique (ou au réseau sans fil), ils deviennent interconnectables et manipulables en temps réel. «Par exemple, quand il y a un accident sur une artère ou un incendie, on est capable de voir quel est le problème et d’avertir les services concernés. On peut aussi changer le plan des feux de circulation pour favoriser l’écoulement des rues parallèles qui risquent d’être engorgées, car les automobilistes vont changer de rue», explique l’ingénieur et chef d’équipe au CGMU. Un réseau de capteurs permet en outre de connaître le débit et la vitesse des véhicules.

Caméra René-Lévesque

Les gains
La Ville dispose déjà d’un vieux système préprogrammé qui fait varier la synchronisation des feux en fonction de l’heure de la journée. Selon le chercheur américain Srinivasa Sunkari, ce type de système permet de réduire les retards d’environ 20%. Cela ne permet toutefois pas de réagir en temps réel à l’échelle du réseau, d’où la volonté de la Ville de déployer des feux intelligents. Mais pour quels gains supplémentaires? «Pas évident de trouver des informations pour répondre à cette question, car chaque ville est unique et les études publiées sur le sujet ne sont pas toujours indépendantes et fiables d’un point de vue scientifique. Mais globalement les gains supplémentaires, sont similaires» répond Nicolas Saunier, professeur spécialisé en transport à l’École polytechnique de Montréal.

En parallèle, le Service incendie de Mont­réal (SIM) et la STM testent aussi un système permettant aux camions et aux bus d’envoyer un signal à un feu pour le faire passer au vert ou le prolonger s’il l’est déjà. «Pour nous, il s’agit avant tout d’une question de sécurité et de diminution du stress lors du passage des intersections», précise Sylvain carrière, chef de division au SIM. La STM indique qu’il est difficile d’évaluer l’apport des feux intelligents, car ils sont couplés à une voie réservée. Les gains de temps liés à ces deux mesures sont néanmoins évalués à environ 10%.

Trafic

Ce que ça ne fait pas
«Les images filmées ne sont pas enregistrées. Une image est prise chaque minute avant d’être écrasée. Et quand la caméra pivote vers les habitations pour aider le Service des incendies à évaluer un sinistre, les opérateurs doivent s’assurer de fournir des images qui préservent l’anonymat», assure M. Bessette. Le projet de 20M$ sur 10 ans n’éliminera pas totalement la nécessité d’avoir des agents du SPVM payés en temps et demi (autour de 50$ l’heure) pour être présents aux intersections.

«Les policiers font un excellent travail. À certaines intersections où la demande dépasse largement la capacité du carrefour, le policier a besoin d’être là pour faire respecter le Code de la sécurité routière afin d’éviter notamment l’interblocage, qui finit par tout bloquer», indique Hugues Bessette.

«Dans certains secteurs, comme le secteur Bridge/Wellington, on a pu réduire la présence policière de deux heures le soir en changeant les plans des feux pour réduire la durée de l’heure de pointe», ajoute-t-il. Selon l’élu de Projet Montréal Sylvain Ouellet, ce genre d’initiative est intéressant «mais ne réglera pas le problème de la congestion tant qu’on laissera 10 000 autos de plus par an intégrer le réseau montréalais». Il croit qu’on devrait accélérer l’implantation de feux favorisant les autobus et les camions de pompiers.

***Appel d’offres autorisé

La Ville de Montréal a autorisé le lancement d’un appel d’offres, la semaine dernière, pour le raccordement de 17 réseaux de feux de circulation avec le CGMU. Les axes qui seront raccordés sont notamment la rue Saint-Antoine, la rue Papineau, la rue Saint-Denis, le boulevard Saint-Laurent, l’avenue du Parc, la rue Sherbrooke, le boulevard de Maisonneuve, la rue Sainte-Catherine, l’avenue Viger et la rue University.

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