Yves Provencher / Métro Thi Be Nguyen

À la fin de la guerre du Vietnam au profit du régime communiste, en avril 1975, près de 60 000 personnes d’origine vietnamienne se réfugient au Canada, dont 13 000 au Québec. Thi Be Nguyen, qui avait à peine cinq ans à son arrivée en 1979, fait partie de ces gens qu’on appelle les «boat people». Mme Nguyen a lancé un projet de commémoration du 40e anniversaire de leur arrivée, qui a réuni hier plusieurs dignitaires, dont la ministre de l’immigration Kathleen Weil, le président du Conseil de Ville de Montréal Frantz Benjamin et l’écrivaine Kim Thuy.

Pourquoi était-ce important pour vous d’organiser une telle commémoration?
C’est important de rappeler l’histoire afin qu’elle se transmette de génération en génération. Ça permet aussi de remercier les Québécois et les Montréalais car c’est grâce à leur accueil que nous avons eu un avenir plus heureux. D’autres événements sont d’ailleurs à venir cette année, dont le vernissage d’une murale commémorative à l’hôtel de ville de Montréal en novembre.

Que vous rappelez-vous de votre fuite et de votre arrivée au Canada?
J’ai très peu de souvenirs de notre fuite. Ils sont principalement basés sur ce que m’ont raconté mes parents. Mes parents, mon frère, ma sœur et moi avons fuit à partir du Laos vers la Thaïlande. Nous avons passé deux jours et deux nuits dans la jungle et deux jours et deux nuits en bateau pour rejoindre des camps de réfugiés. En Thaïlande, on a été mis en prison et mon père a été torturé. Puis nous avons été parrainés par un groupe de Canadiens et nous sommes arrivés au mois de décembre. Imaginez le choc de température!

Que retenez-vous de l’accueil qui vous a été réservé?
Nous avions une dizaine de parrains et de marraines qui nous ont vraiment pris en charge, même s’ils ne nous connaissaient pas. Ils nous avaient trouvé un endroit où vivre dans Côte-des-Neiges, un travail de mécanicien pour mon père et de femme de ménage pour ma mère. Ils nous montraient où aller pour accéder à des services, ils nous apprenaient la langue.

Exposition
Thi Be Nguyen a mis sur pied une exposition d’un jour au musée Pointe-à-Callière, dimanche, intitulée Journée découverte sur l’histoire et la culture vietnamiennes, composée majoritairement d’artéfacts de sa collection personnelle. On pouvait y retrouver des pièces de monnaie vietnamiennes, des articles reliés à la guerre du Vietnam et des exemples modestes possessions que des boat people ont emmenées avec eux.

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