MONTRÉAL – La juge saisie du cas de l’adolescent montréalais qui fait face à de graves accusations liées au terrorisme doit rendre son verdict en décembre.

Les derniers arguments de la Couronne et de la défense ont été présentés à la juge Dominique Wilhelmy, mardi, à la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec à Montréal.

La juge Wilhelmy a déclaré qu’elle prendrait le temps de délibérer et qu’elle espérait pouvoir rendre une décision écrite le 17 décembre.

Le jeune garçon âgé de 16 ans, qui ne peut être nommé puisqu’il est mineur, fait face à deux chefs d’accusation: avoir commis un vol qualifié en association avec une organisation terroriste et avoir planifié de quitter le Canada pour participer à des activités d’un groupe terroriste à l’étranger.

L’affaire découle d’un vol de dépanneur perpétré en octobre 2014, pour lequel le jeune a déjà plaidé coupable. La Couronne lie ce crime au groupe armé État islamique, affirmant que le vol aurait été commis pour financer un voyage pour prendre part au conflit en Syrie.

L’avocat de la défense a contesté cette affirmation de la Couronne, arguant que la preuve suggérait que son client voulait simplement se rendre en Syrie pour aider ses semblables musulmans à combattre le régime du président Bashar el-Assad.

Me Tiago Murias a décrit son client comme étant un jeune homme qui a été aspiré par la propagande djihadiste en l’espace de deux ans.

«Il ne devrait pas être perçu comme un criminel, mais plutôt comme une victime», a déclaré l’avocat de la défense.

Son client a clamé aux enquêteurs que l’argent volé dans le dépanneur était un «butin de guerre». Mais Me Murias a fait valoir que la justification morale que son client avait donnée à son geste a posteriori ne voulait pas pour autant dire que c’était sa motivation, c’est-à-dire la raison pour laquelle il avait commis le crime.

L’adolescent n’a pas témoigné à son procès, mais son avocat a suggéré à plusieurs reprises que la preuve présentée ne justifiait en rien les accusations liées au terrorisme et ne démontrait pas que son client était prêt à joindre les rangs du groupe État islamique.

Me Murias a déclaré qu’attribuer une signification plus profonde aux rêveries et aux fréquentations sur Internet d’un adolescent de 15 ans confus outrepassait la preuve présentée.

La Couronne a fait valoir que l’adolescent, qui a également échangé sur Twitter avec le djihadiste Martin Couture-Rouleau, était déterminé à se rendre en Syrie.

Me Murias a convenu que son client avec discuté en ligne avec Couture-Rouleau, mais que son client n’avait à ce moment aucune idée que son interlocuteur allait tuer un soldat et en blesser un autre à Saint-Jean-sur-Richelieu en octobre dernier.

Au début de 2014, l’adolescent avait tenté d’acheter un aller simple pour Gaziantep, en Turquie, avec une carte de crédit qu’il avait volée à ses parents. Un plan qui avait échoué après que la banque eut annulé cette transaction suspecte de 2400 $.

La procureure de la Couronne Lyne Décarie a rappelé les paroles que l’accusé avait prononcées lorsque son père lui avait confisqué l’argent récolté à la suite du vol à main armée.

L’adolescent lui aurait alors demandé de lui rendre l’argent et affirmé qu’il ne le reverrait ensuite plus jamais.

«On comprend quel était son but depuis le début», a-t-elle laissé tomber.

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