Depuis jeudi, Uber offre ses services dans les villes de Laval et de Longueuil.

En comptant Montréal et Québec, villes qu’il dessert déjà, Uber est désormais présent dans quatre villes de la province.

Rien qu’au mois d’octobre dernier, l’application mobile d’Uber a été ouverte plus de 15 000 fois par des personnes des rives nord et sud de Mont­réal, qui souhaitaient commander une voiture, selon les gestionnaires de la compagnie (voir carte plus bas). À l’aide de l’application mobile, Uber a pu comptabiliser ces personnes qui espéraient profiter du service – mais n’ont pu le faire – avant même qu’il soit offert sur leur territoire.

«On est présent dans 340 villes dans le monde, donc les gens ont pris l’habitude de nous utiliser partout où ils vont, notamment à Montréal, où beaucoup d’habitants des rives nord et sud travaillent, a affirmé à Métro Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d’Uber au Québec. Aujourd’hui, ils souhaitent profiter du service dans la municipalité où ils habitent.»

Les gestionnaires d’Uber constatent que les nombreuses demandes faites à Laval et à Longueuil se sont concentrées aux abords des stations de métro de ces territoires. Pas moins de 28% des courses réalisées à Montréal commencent ou se terminent à une station de métro, mais Uber estime que cette proportion sera encore plus grande sur les deux rives.

«Notre plus grand compétiteur, c’est l’auto solo. On veut être un complément à l’offre de transport en commun. On souhaite offrir aux gens un moyen de transport pour le premier et le dernier mille [qu’ils ont à franchir] de la station de métro à chez eux, tout en réduisant la congestion et les émissions de gaz à effet de serre», explique M. Guillemette, qui fait remarquer que les stationnements incitatifs aux abords des stations de métro sont pleins.

Un court temps d’attente et un coût réduit font d’Uber une ressource intéressante, estime le directeur général, ajoutant «qu’Uber n’est pas la solution unique, mais il fait partie de la solution».

«Le taxi est aussi nécessaire, tout comme Car2Go, Communauto, Auto-mobile, l’autobus, le métro. Plus le cocktail de moyens de transport est varié dans une région donnée, plus les gens décident d’abandonner l’auto solo», fait-il valoir.

Selon les données d’Uber, l’application aurait été ouverte plus de 15 000 fois en octobre par des gens qui se trouvaient sur les rives sud et nord de Montréal, et qui voulaient commander une voiture, alors que le service n’était pas encore offert sur ce territoire.

Selon les données d’Uber, l’application aurait été ouverte plus de 15 000 fois en octobre par des gens qui se trouvaient sur les rives sud et nord de Montréal, et qui voulaient commander une voiture, alors que le service n’était pas encore offert sur ce territoire.

Qu’en est-il des saisies?

Le service de covoiturage, qui dit avoir averti les administrations des villes de Laval et de Longueuil de son arrivée sur leur territoire respectif, affirme vouloir collaborer avec les deux municipalités.

«On a envoyé un courriel aux élus. On veut pouvoir leur expliquer clairement ce qu’on fait et quels sont les bénéfices d’Uber, notamment en termes de diminution de la congestion routière», a insisté Jean-Nicolas Guillemette.

Plus de 400 véhicules UberX (le service de taxi citoyen d’Uber) ont été saisis pour transport illégal à Montréal depuis le début de l’année 2015 par le Bureau du taxi de Montréal.

M. Guillemette fait remarquer qu’à l’extérieur de Montréal, un tel bureau qui encadre l’industrie du taxi et procède à des saisies de voiture n’existe pas, le transport étant plutôt de juridiction provinciale. «Mais il n’y a rien qui nous empêche de discuter avec les villes et de collaborer avec elles», ajoute-t-il.

Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, juge toujours le service UberX illégal, mais le premier ministre Phillipe Couillard s’est montré ouvert, au début de l’été, à l’idée de réglementer ce service.

Les administrateurs d’Uber font valoir depuis leur arrivée au Québec, il y a un an et demi, qu’ils souhaitent que leur service soit encadré afin d’opérer en toute légalité. Uber a proposé au mois d’août de verser à Québec une taxe spéciale de 10 cents par course pour l’utilisation de son service UberX à Montréal.

Jean-Nicolas Guillemette assure avoir des discussions avec le gouvernement depuis quelques mois, afin de faire avancer le dossier.

L’expansion d’Uber sur le territoire des villes de Laval et de Longueuil n’a pas pour but de mettre de la pression sur le gouvernement du Québec pour qu’il encadre ce service, soutient M. Guillemette, mais démontre qu’Uber a l’appui de la population.

«Il y a plus de 15 000 personnes qui souhaitaient utiliser le service avant même qu’il soit officiellement lancé (voir carte). C’est une réponse claire de la population, qui veut avoir plus d’options en matière de transports», a estimé le directeur général d’Uber.

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