Josie Desmarais/Métro De gauche à droite: Erik Hamon, Khokon Maniruzzaman, Marvin Rotrand, Benoit Dorais et Steve Shanahan.

Une coalition d’élus et d’organismes communautaires de Montréal déplore que les minorités visibles ne soient que peu représentées parmi les élus de Montréal, alors que seulement quatre conseillers sur les 103 que compte la Ville de Montréal sont issus des minorités visibles. Ce nombre s’étend à six élus sur les 208 si on compte les villes liées.

Pourtant, 30% des Montréalais sont membres d’une minorité visible, fait valoir cette coalition formée notamment de Coalition Montréal, Vrai changement pour Montréal et la Ligue des Noirs du Québec. Ils regrettent ainsi que le conseil municipal ne soit pas représentatif de la population montréalaise.

Ils exhortent les partis politiques à doubler leurs efforts pour recruter des candidats issus des minorités visibles avant la prochaine élection municipale.

Pas question pour eux d’imposer de ratios fixes ou de nombre exact de candidats, mais ils croient qu’il est «plus que temps pour les partis municipaux de se pencher sur la question de la représentativité du conseil municipal».

En 2013, sur les 485 candidats aux élections municipales, seulement 54 de ceux-ci étaient issus d’une minorité visible.

«À la dernière élection, oui il y a eu des candidats issus des minorités visibles, mais souvent, ils sont recrutés au dernier moment, pour combler les trous, juste avant l’élection ou alors ils sont nommés candidat dans des circonscriptions où les partis ont peu ou pas de chance de se faire élire, a critiqué Marvin Rotrand lundi en conférence de presse sur le sujet. C’est difficile alors de se faire élire lorsqu’on est nommé au dernier moment, on n’a pas de temps de se faire connaître.»

L’élu rappelle que deux élus issus des minorités culturelles ont été élus au conseil municipal en 2009. «Est-ce que ça a augmenté en 2013? Non, ce sont ces deux même élus qui ont été réélus. Même chose dans les conseils d’arrondissements», déplore M.Rotrand.

Une opinion que partage Edouard Narcisse, président intérimaire de la Ligue des Noirs du Québec. Il croit que les partis politiques devraient mobiliser davantage les minorités visibles ainsi que les membres des communautés culturelles dans leurs activités pour qu’ils soient davantage intéressés à se porter candidats. «Nous [les minorités visibles] payons tous des taxes. Nous avons les mêmes droits que les autres contribuables. La structure politique ici veut que ce soit seulement les blancs qui peuvent représenter les citoyens. Mais c’est faux. Prenez votre droit, ne laissez pas les autres prendre votre droit, et portez-vous candidats», a-t-il lancé à l’intention des membres de minorités visibles.

Coalition Montréal et Vrai changement pour Montréal déposeront une motion au prochain conseil municipal pour demander aux partis politiques à s’engager à «redoubler d’efforts pour faire la promotion de candidatures de Montréalais issus des minorités visibles en vue des élections municipales de 2017». Ils demanderont également à ce que le Conseil interculturel de Montréal offre son expertise aux partis et que le Bureau des élections travaille à informer et promouvoir la participation des différentes communautés culturelles de Montréal.

Benoit Dorais, chef de Coalition Montréal, a également fait valoir que des ateliers d’information auprès de ces communautés culturelles sur le rôle de conseiller municipal seraient de mise puisqu’une méconnaissance du rôle d’élus de leur part pourrait être à l’origine du faible nombre de candidats.

Projet Montréal a indiqué qu’ils discuteraient de cette motion à leur prochain caucus. Équipe Coderre n’a pas donné de réponse aux instigateurs de la motion.

Érik Hamon, issu de la communauté philippine de Montréal et qui a été candidat aux élections de 2013, estime que bien qu’il n’ait pas été élu, les membres de sa communauté ont été «énergisés» de voir un candidat philippin. «Le problème se situe chez les personnes dans les partis politiques qui doivent choisir les candidats. Ils croient que les gens issus des minorités visibles n’ont pas les meilleurs chances de gagner. Ils sont juste intéressés à voir des gens qui les représente et les gens dans les partis politiques qui choisissent les candidats ne sont pas des gens des minorités visibles. C’est une question de volonté politique», a-t-il avancé.

Steve Shanahan du Vrai changement pour Montréal fait valoir que ce problème n’est pas seulement présent à Montréal, mais également partout au Canada. Plusieurs autres grandes villes font face à un faible nombre de candidats issus des minorités visibles lors de leurs élections municipales, comme à Winnipeg, par exemple, où un seul siège sur 15 est occupé par un conseiller des minorités visibles.

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