Radio-Canada Josée Blanchette

Une douzaine d’oncologues ont réagi lundi aux propos tenus par la journaliste Josée Blanchette dimanche à Tout le monde en parle. Dans une lettre ouverte, les médecins ont reproché à la journaliste de véhiculer «que la chimiothérapie est une supercherie», en se basant uniquement sur son expérience personnelle.

«Nul ne remet en doute que la chimiothérapie ne donne pas un avantage à toute personne qui en reçoit, mais de prétendre que toute chimiothérapie est une supercherie constitue une mésinformation [sic] qui ne peut être laissée sans réplique», écrivent ces oncologues du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Ceux-ci déplorent également la généralisation de la journaliste faite à partir de son expérience. «Cessons d’ailleurs de parler DU cancer, parce que ce sont DES cancers bien différents qui sont diagnostiqués chaque jour. Cette première généralisation empêche déjà de faire des distinctions nécessaires», soutiennent-ils.

Josée Blanchette, qui a elle-même eu des traitements de chimiothérapie auxquels elle a très mal réagi, était venue présenter son livre Je ne sais pas pondre l’œuf, mais je sais quand il est pourri, dans lequel elle dénonce les mauvaises pratiques en oncologie, notamment la mainmise des compagnies pharmaceutiques. «Il y a des accointances très fortes entre les pharmaceutiques et l’oncologie, a-t-elle dit. On teste de molécules chimiques non approuvées sur des patients qui ne le savent pas.»

Les oncologues ont répliqué à ces affirmations dans leur lettre. «L’offre de traitement qui est faite est généralement basée sur des études qui ont permis de prouver que pour une population de patients ayant des pathologies comparables, la majorité auront un avantage, et ce en tenant compte des effets toxiques aigus et chroniques potentiels qui peuvent réduire l’espérance de vie […] Et les médicaments qui sont offerts le sont sur la base d’études solides, révisées par les autorités de la santé fédérale et provinciales. Il n’y a pas ici de lobby, de corporatisme, de collusion contre le bien-être des patients», assurent-ils.

Les médecins reconnaissent toutefois dans leur lettre que «le système de santé ne permet pas toujours une approche globale et intégrée des soins aux patients, faute de ressources».

Dénonçant le discours très personnel de Mme Blanchette, les oncologues soulignent que «l’anecdote peut servir les deux camps». «Il y a des exemples qui font aussi image, comme celle d’une mère qui aura survécu pour voir son fils finir son diplôme universitaire, pour voir sa fille donner naissance à un petit-enfant, ou encore celle d’un jeune homme traité il y a 10 ans avec de faibles chances de succès, qui a choisi le risque, et qui revient en suivi à l’hôpital avec son deuxième enfant…», exposent-ils.

Ils concluent en disant que pour débattre de la médecine, «il faut tout présenter, tout regarder et justifier à la lumière de données réelles ou d’une opinion que l’on espère la plus experte possible».

Pour lire la lettre intégrale de la lettre ouverte, cliquez ici.

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