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Le chroniqueur du Journal de Montréal Richard Martineau poursuit en diffamation le média web Ricochet, son chroniqueur Marc-André Cyr et le caricaturiste Alexandre Fatta pour le texte «Notice nécrologique : Richard Martineau (1961-2016)» et les caricatures qui l’accompagnent.

Dans la poursuite dont TC Media a obtenu copie, M. Martineau allègue que les propos tenus dans ce texte publié en février dernier constituent «une incitation à la haine» et «une atteinte intentionnelle à sa réputation, son honneur et son intégrité». Le chroniqueur réclame donc 350 000 $ en dommages et intérêts.

Marc-André Cyr n’en était pas à ses premières attaques à l’endroit de Richard Martineau, plaide la poursuite, qui cite d’autres chroniques qui l’ont visé depuis 2010, ainsi que plusieurs publications rédigées sur les réseaux sociaux.

M. Martineau dit toutefois avoir fait le choix «d’ignorer les représailles et les insultes du défendeur» auparavant. «À compter de février 2016, les défendeurs Cyr et Fatta ont toutefois dépassé les limites de la liberté d’expression et du simple débat d’idées, et se sont lancés dans la publication de textes et de caricatures décrivant et glorifiant la mort du demandeur», soutient le chroniqueur du Journal de Montréal.

Le billet, qui est toujours en ligne, est accompagné de trois dessins d’Alexandre Fatta, dont un où on voit Dieu jeter Richard Martineau à la poubelle.

«Je réécrirais le même texte. C’est une satire. Il s’agit d’une image. Je m’en prends à la marque de commerce “Richard Martineau”. Ce n’est pas faire un appel à la violence envers la personne, que je ne connais pas et que je ne veux pas nécessairement connaître non plus.» –Marc-André Cyr

Ce dernier n’a pas apprécié que Marc-André Cyr, plutôt que de se rétracter, écrive deux mois plus tard une chronique intitulée «Brève réplique aux vrais valets à propos d’une fausse mort», où il tente, en 15 points, «d’aider le démagogue et ses copains» à saisir son propos. Selon M. Martineau, Ricochet n’aurait jamais dû faire paraître ces dessins et ces textes qu’il qualifie de bullying. «La liberté d’expression ne saurait en effet justifier en aucune manière la publication de propos et dessins haineux», juge-t-il.

La poursuite soutient que «le fait de voir sa mort ainsi racontée, illustrée et glorifiée, a également causé une grave atteinte au bien-être du demandeur et à sa paix d’esprit».

Joint par TC Media, Marc-André Cyr dit être surpris par la poursuite. «On ne comprend pas trop où M. Martineau veut aller avec tout ça, d’autant plus qu’il y avait déjà eu une plainte déposée au Conseil de presse, qui a jugé qu’il n’y avait aucune apparence de faute déontologique», souligne celui qui est chargé de cours en science politique à l’Université du Québec à Montréal.

Du sociofinancement pour Ricochet
En réponse à cette poursuite, Ricochet lance une campagne de sociofinancement pour récolter 50 000 $ afin de payer ses frais juridiques et «pour résister à cette tentative de bâillonnement», affirme le média dans un communiqué publié aujourd’hui. «M. Martineau ne semble pas admettre qu’à titre de personnalité publique, il s’expose à la critique, défend la cofondatrice et responsable de l’information de Ricochet, Gabrielle Brassard-Lecours. Le chroniqueur chérit la liberté de presse quand elle sert sa cause, mais il ne supporte pas d’être l’objet d’un texte satirique.»

La survie même de ce média indépendant pourrait être fragilisée par cette poursuite. «Une poursuite de 350 000 $, ça agit vraiment comme une épée de Damoclès, affirme M. Cyr. Mais on a l’intention de se battre et d’aller jusqu’au bout.»

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