Fraternité, solidarité et unicité, tel était le message des milliers de personnes réunies lors d’une vigile tenue à Québec, lundi soir, pour honorer la mémoire des victimes de l’attentat perpétré la veille et qui a fait six victimes.

«Nous sommes tous des frères et quand un de nos frères est touché, nous sommes tous touchés», a lancé d’entrée de jeu Sébastien Bouchard, un des organisateurs de la vigile, une initiative citoyenne.

Les chefs de tous les partis politiques fédéraux, ainsi que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, étaient présents pour commémorer le triste événement survenu dimanche au Centre culturel islamique de Québec. «Le Canada est uni ce soir, a déclaré le premier ministre Justin Trudeau. Nous n’acceptons pas cette haine. Aucune communauté ne devrait avoir vivre ça.» M. Trudeau a aussi souligné que les six hommes décédés étaient «comme nous tous». «Ces six hommes ne représentaient pas une menace. C’était des Canadiens ordinaires», a-t-i dit.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a quant à lui dit que le deuil ne fait que commencer après la perte de six de ses concitoyens. «Espérons qu’une des conséquences sera de rejeter ceux qui s’enrichissent avec la haine», a-t-il exprimé.

Toutes les personnes qui ont pris la parole durant la vigile ont souligné l’importance de rester solidaires et ouverts, dont le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui, qui a récité un extrait du Coran, repris par plusieurs personnes dans foule.

Parmi tous ces gens réunis, de nombreuses personnes de la communauté guinéenne, venues honorer Mamadou Tanou Barry et Ibrahim Barry, deux hommes originaires de Guinée. «Ce sont des gens qui étaient très impliqués dans la communauté guinéenne à Québec, a relaté à TC Media, Aïssatou Cissé. C’étaient des rassembleurs. Toute la communauté est en deuil. Nous sommes tous touchés et nous ne sommes pas tous des musulmans.»

Si des personnes de tous horizons étaient sur place, cet événement revêt évidemment un caractère particulier pour ceux et celles qui fréquentaient le Centre culturel islamique de Québec, comme Khaled, rencontré sur place. «Hier [dimanche], j’étais à la mosquée avant que ça arrive, alors je suis un peu ébranlé, a-t-il raconté. Je tenais à être à la vigile pour dire que c’est un acte lâche d’entrer sur mosquée pour tirer sur des gens en train de prier.» Il a tenu a remercier «tous les Québécois», notamment pour leurs messages d’amour.

Khaled, qui est arrivé à Québec il y a sept ans, a dit se sentir moins en sécurité dans sa ville d’adoption depuis le débat sur la Charte des valeurs en 2014. «C’est là qu’on a commencé à voir le regard du monde qui change, a-t-il jugé. Après on a eu la tête de porc à la mosquée et la femme qui s’est fait tirer son voile à la Place Laurier. C’étaient des signes.»

Celui-ci croit que cet attentat contribuera à la peur dans la communauté musulmane. «Moi j’ai grandi toute mon adolescence avec le terrorisme, alors ça me rappelle des mauvais souvenirs», a-t-il dit.

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