La Presse canadienne/Graham Hughes Les étudiants en droit Rachelle Bastarache (droite), Anna Gilmer et Brodie Noga de l'Université McGill sont les co-organisateurs du marathon de recherches juridiques.

MONTRÉAL — Des étudiants en droit de partout au pays uniront leurs forces, samedi, pour venir en aide aux demandeurs d’asile touchés par la décision du président Donald Trump de suspendre le programme d’accueil de réfugiés américain.

Même si un juge fédéral des États-Unis a temporairement levé vendredi, à la grandeur du pays, le décret du président Trump, la Maison-Blanche entend en appeler de cette décision.

Entre 300 et 500 étudiants issus des 22 facultés de droit canadiennes se sont portés volontaires pour ce «marathon» de recherches juridiques. Ils se pencheront sur le décret interdisant l’accès aux États-Unis aux ressortissants de sept pays à majorité musulmane, de même qu’à son impact en sol canadien.

Jusqu’à 200 participants sont attendus à Montréal seulement, où les étudiants de l’Université de Moncton, de McGill, et de l’UQÀM tiendront un événement conjoint.

Ils concentreront leurs efforts sur l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, que le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) cherche à contester.

En vertu de l’Entente, le Canada et les États-Unis se reconnaissent mutuellement comme étant des pays «sûrs» pour les demandeurs du statut de réfugié. Elle les contraint à déposer leur demande d’asile dans le premier pays auquel ils accèdent.

Ainsi, règle générale, le Canada n’accepte pas les réfugiés ayant d’abord rejoint les États-Unis, expose Janet Dench du CCR.

Selon Mme Dench, le récent décret de Donald Trump est source de confusion et pourrait mener au renvoi de certains réfugiés dans leur pays d’origine, où ils sont souvent persécutés.

«Les États-Unis n’ont jamais été complètement sûrs à nos yeux, et en ce moment, ils le sont encore moins», a-t-elle déploré.

L’étudiante montréalaise Rachelle Bastarache raconte avoir initialement soumis l’idée à ses camarades de McGill. Lorsque 50 d’entre eux se sont inscrits dans un délai de deux heures, elle a songé à élargir le projet.

«Couchée dans mon lit, la nuit, je me disais:  »Si on peut avoir 50 personnes à McGill, combien pourrions-nous avoir à travers le Canada? »» a-t-elle exposé.

Les organisateurs ont également prévu une campagne de financement pour le CCR, qu’ils chercheront à mettre au fait des développements de l’Entente depuis sa contestation échouée en 2009.

«Il y a beaucoup de questions sur lesquelles nous devons mener des recherches, nous sommes donc très excités par cette mobilisation massive à travers le Canada et nous avons hâte de voir ce qu’ils seront en mesure de faire», a ajouté Janet Dench.

Rachelle Bastarache souligne que les étudiants de la clinique d’information légale de McGill se rendent aussi l’aéroport de Montréal pour conseiller des gens affectés par les décrets de Donald Trump.

Elle espère d’ailleurs que l’événement de samedi incitera le gouvernement fédéral à revoir l’Entente.

«Le front commun d’étudiants en droit à travers le pays devrait envoyer le message que nous ne tolérerons pas une législation pareille», a-t-elle lancé.

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