La Presse canadienne

VANCOUVER — La ministre fédérale de la Santé croit que l’épidémie de décès dus aux opioïdes n’a pas atteint son point culminant et que le bilan s’alourdira encore avant que l’on puisse renverser la vapeur.

Jane Philpott a fait cette sombre prédiction lors de la première journée de la Conférence nationale sur le leadership en santé, qui se conclut mardi à Vancouver. La province de la Colombie-Britannique a été qualifiée d’«épicentre» du phénomène de santé publique, avec ses 935 victimes l’an dernier sur un total de presque 2500 morts au pays.

L’Agence de la santé publique du Canada révélait la semaine dernière qu’au moins 2458 personnes étaient mortes d’une surdose liée aux opioïdes en 2016 au pays; la ministre Philpott a cependant estimé que ce bilan demeure incomplet.

La toxicomanie est un phénomène complexe qui tire ses sources dans de multiples problèmes sociaux comme la pauvreté, l’itinérance et les traumatismes du passé, a rappelé la ministre Philpott. Pour lutter contre la toxicomanie, il faudra donc orienter l’approche thérapeutique sur le patient même, a-t-elle soutenu lundi.

Elle a par ailleurs rappelé aux gestionnaires des services de santé réunis à Vancouver que les patients doivent être pris en charge sans jugement ni discrimination. La ministre a aussi souhaité que le dossier médical des toxicomanes puisse les suivre au gré de leurs pérégrinations, qu’ils aient ou non un domicile fixe — ce qui serait tout à fait possible grâce aux progrès technologiques.

Mme Philpott a aussi rappelé que les nouvelles techniques de géocodage pourraient être mises à profit afin de déterminer les foyers de surdoses et de mettre en place des traitements et des mesures de prévention plus efficaces.

Le puissant opioïde fentanyl est de plus en plus mélangé depuis cinq ans à des drogues illicites, causant des surdoses mortelles, a indiqué Mme Philpott. Mais ce phénomène a aussi été exacerbé par les prescriptions excessives, alimentées notamment, selon la ministre, par les pratiques de mise en marché trompeuses de compagnies pharmaceutiques, qui ont faussement affirmé que certains analgésiques n’entraînaient pas de dépendance.

La ministre Philpott a par ailleurs déploré le fait que le gouvernement fédéral n’ait pu dresser un bilan pour 2016 avant la semaine dernière. Elle souhaite maintenant que les provinces collaborent afin que des bilans soient publiés tous les trimestres.

En attendant, le gouvernement fédéral a approuvé jusqu’ici la mise en place de 12 sites d’injection supervisée au Canada — à Vancouver et Surrey, en Colombie-Britannique, à Montréal et à Toronto. Santé Canada étudie 12 autres demandes — quatre en Colombie-Britannique, quatre à Edmonton et une à Calgary, dans la province voisine, et trois autres à Ottawa.

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