MONTRÉAL — La pilule abortive devrait finalement être disponible au Québec, et payée par le régime d’assurance maladie, à compter de l’automne prochain.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en a fait l’annonce, jeudi, au cours d’une conférence de presse à Montréal.

Le Québec se trouve ainsi à emboîter le pas à l’Ontario, au Manitoba, à l’Alberta et au Nouveau-Brunswick, qui ont tous annoncé qu’ils allaient éventuellement rendre disponible cette pilule abortive. Entre l’annonce de l’intention et la disponibilité effective, il peut s’écouler quelques mois — ce qui explique le fait que la pilule abortive n’est pas encore disponible dans toutes ces provinces.

Au Québec, des discussions doivent encore avoir cours avec le Collège des médecins et l’Ordre des pharmaciens avant que l’accès devienne réalité.

Il ne faut pas confondre la pilule abortive avec la pilule du lendemain. Comme il s’agit d’un avortement pharmacologique, la pilule abortive nécessite une prescription d’un médecin et un suivi médical parce qu’il peut s’ensuivre des complications et des saignements plus importants.

Elle ne sera offerte que pour les sept premières semaines de grossesse — 49 jours «et pas un jour de plus» a prévenu le ministre. Et la femme devra subir une échographie pour connaître la degré d’avancement de sa grossesse.

Même si Québec économisera ainsi, puisque le recours à la pilule abortive est moins coûteux qu’un avortement thérapeutique, le ministre a assuré qu’il n’avait pas agi pour une question de coûts.

«Je peux vous assurer qu’il n’y aura pas de dépenses supplémentaires», a-t-il convenu, avant d’ajouter qu’il était d’abord et avant tout motivé par une question de santé des femmes.

«L’enjeu pour moi n’est pas un enjeu économique, mais bien un enjeu d’accès et de confort pour les femmes du Québec. Et si le médicament avait entraîné un coût supplémentaire, on l’aurait autorisé quand même, on l’aurait couvert quand même», a assuré le ministre Barrette.

Il restera à savoir où cette pilule abortive sera disponible pour les femmes enceintes désireuses de s’en prévaloir. C’est là que les ordres professionnels interviennent, en faisant des recommandations.

«Comment on va le déployer? C’est clair que ça va passer par un minimum de démonstration de compétences. Dans le réseau, où ça va aller? Est-ce que ça va être, par exemple, exclusivement dans les cliniques de planning? Ça, c’est une discussion que l’on est en train d’avoir avec les ordres professionnels qui, eux, vont faire des recommandations. Une chose est certaine: ça ne peut pas être tout un chacun», a opiné le ministre.

Le médicament en question, le Myfegymiso, a été approuvé par Santé Canada en 2015.

Une fois les difficultés aplanies quant au contrôle que souhaitait au départ imposer le fabricant, Québec a dû négocier le prix du médicament. Cette négociation s’est conclue mercredi. Le prix doit demeurer confidentiel, en vertu de l’entente qui a été conclue, a précisé le ministre Barrette.

Collège aussi optimiste

Au cours d’une entrevue, le secrétaire du Collège des médecins, Yves Robert, a confirmé que les discussions avec l’Ordre des pharmaciens pour arrimer le tout allaient bon train. Il partage l’optimisme du ministre Barrette quant à la disponibilité de la pilule abortive dès l’automne.

«On a pensé exploiter le réseau déjà existant des cliniques d’avortement. Nous avons au Québec le meilleur réseau de cliniques d’avortement au Canada. C’est un réseau qui offre des services d’avortement sur l’ensemble du territoire. Il n’y a aucune liste d’attente. C’est interprofessionel. Ça assure le counseling» avant, pendant et après les avortements, qu’ils pratiquent déjà, a fait valoir le docteur Robert.

Il n’exclut pas que le service puisse ensuite être étendu.

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