Ryan Remiorz / La Presse Canadienne Justin Trudeau.

HAMBOURG — Si les leaders du G20 n’ont pas pu rallier le président américain Donald Trump dans leur rang pour réaffirmer leur engagement envers l’accord de Paris et la lutte contre les changements climatiques, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a tout de même insisté sur l’importance d’«agir maintenant» pour protéger l’environnement.

Les dirigeants réunis à Hambourg, en Allemagne, ont réussi à s’entendre, samedi, pour se prononcer contre le protectionnisme dans leur déclaration finale, mais ils ont dû se résoudre à laisser les États-Unis faire cavalier seul au chapitre de la lutte aux changements climatiques.

En conférence de presse de clôture du sommet, le premier ministre canadien a tout de même souligné «que le consensus, à part les États-Unis, était très fort autour de la table», relevant que des «économies très différentes telles que celles de la Chine, de la Russie, de l’Arabie Saoudite, de la France» avaient pu s’entendre.

Il a souligné qu’une «grande volonté de participer à la lutte contre les changements climatiques» prévalait au sein de plusieurs États américains, de municipalités et d’entreprises américaines.

Le texte final de la déclaration commune des leaders du G7 prend acte de «la décision des États-Unis de se retirer de l’accord de Paris».

M. Trump a en outre insisté pour que le document mentionne les énergies fossiles. Certains pays ont résisté, mais ont finalement consenti à ce qu’un paragraphe soit ajouté afin de signifier l’engagement des États-Unis à aider les autres pays à avoir accès et recours à des énergies fossiles de façon plus propre et efficace.

Les efforts de la chancelière allemande Angela Merkel pour isoler les États-Unis étaient évidents, le communiqué final indiquant que «les leaders des autres membres du G20 statuent que l’accord de Paris est irréversible». Or, celle-ci ne s’est pas réjouie.

Certains dirigeants — tout particulièrement de l’Europe — espéraient que M. Trudeau allait pouvoir user de sa meilleure relation avec M. Trump pour l’influencer en matière de lutte aux changements climatiques.

«Nous avons un voisin extraordinaire qu’est le Canada et Justin (Trudeau) fait un travail spectaculaire au Canada», a déclaré le président américain, samedi matin.

Le premier ministre canadien n’a pas eu de rencontre bilatérale avec M. Trump dans le cadre du sommet du G20, mais il a eu l’occasion de s’entretenir avec lui à plusieurs occasions moins formelles.

M. Trudeau a dit avoir souligné, au cours de ces conversations, le fait que la croissance économique et la protection de l’environnement peuvent et doivent aller ensemble.

«On a parlé, évidemment, des changements climatiques et de la responsabilité que nous avons tous de bâtir un monde dans lequel on n’a pas de choix à faire entre ce qui est bon pour l’économie et bon pour l’environnement et (du fait que) les citoyens savent très bien que les emplois et la prospérité de l’avenir doivent passer par une responsabilité envers la planète.»

La déclaration finale indique en outre que le G20 «luttera contre le protectionnisme incluant les pratiques commerciales injustes», le document établissant aussi le droit des pays à recourir, en ce sens, «à des instruments de défense légitimes».

Ces dernières lignes semblent offrir aux pays une avenue pour contourner leur engagement contre le protectionnisme, notamment par des actions telles que l’imposition de droits compensateurs sur le bois d’oeuvre canadien, comme l’a fait l’administration Trump.

La signature du président américain aux sections de la déclaration commune portant sur le commerce n’a pas été facile à obtenir alors que ce dernier s’accroche à sa politique de «l’Amérique d’abord».

La question litigieuse de l’acier

L’une des pierres d’achoppement concernait les exportations d’acier. M. Trump a menacé d’imposer des droits de 20 pour cent à l’acier issu de l’étranger, ce qui pourrait avoir des répercussions économiques importantes sur bon nombre de pays du G20, tels que la Chine, l’Allemagne et le Canada.

Vendredi, la chancelière Angela Merkel avait fait pression pour qu’un accord mondial survienne relativement à la production d’acier.

Le communiqué du G20 comprend un engagement contre la surabondance d’acier en réserve.

L’attention des États-Unis sur cet enjeu est surtout portée sur la Chine, mais l’industrie canadienne de l’acier exporte plus de la moitié de sa production vers les États-Unis et toute forme de taxation pourrait porter atteinte au secteur.

Le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a affirmé que la question entourant la production d’acier a été un élément important des discussions du G20.

«Selon mon (interprétation), ces discussions ont été productives (et) nous avons discuté de l’importance d’avoir un environnement commercial qui fonctionne pour toutes les économies», a-t-il dit.

«Nous avons eu des discussions très productives avec les Américains sur le sujet de l’acier et celles-ci se poursuivent», a ajouté M. Morneau.

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