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TORONTO — La Commission de la santé publique de Toronto a pris position lundi pour presser le gouvernement fédéral de décriminaliser toutes les drogues destinées à une consommation personnelle. Les autorités médicales de la ville la plus populeuse au pays espèrent mettre en branle un mouvement d’envergure nationale.

La commission a décidé d’endosser cette cause après s’être vu présenter un rapport de la directrice de la santé publique de la municipalité. La docteure Eileen de Villa insiste sur le fait qu’il faut aborder la consommation de drogues comme un enjeu de santé publique et non de criminalité.

«La seule manière de faire changer les lois fédérales est de provoquer une discussion nationale», avait relevé le président de la commission, Joe Mihevc, avant qu’une version amendée des recommandations soit adoptée à l’unanimité.

«Nous serons les premiers à le faire, mais nous ne pouvons pas rester les seuls», a-t-il poursuivi.

La docteure De Villa dit ne pas avoir connaissance d’autres commissions de santé publique ayant adopté une telle position au Canada.

Celle de Toronto fera donc parvenir une lettre au gouvernement fédéral pour l’informer de sa recommandation. Elle transmettra également le rapport de Mme de Villa à toutes les commissions ontariennes, à celles des dix plus importantes villes du Canada et à l’Association de santé publique de l’Ontario, entre autres, «pour leur information et leur appui».

«Les humains ont toujours consommé des drogues d’une manière ou d’une autre. Les risques potentiels associés à n’importe laquelle de ces drogues sont aggravés lorsque les gens sont dans une position où ils doivent produire, obtenir et consommer ces drogues illégalement», fait valoir la docteure De Villa.

Elle explique avoir élaboré ce rapport face à la crise des opioïdes qui a pris naissance en Colombie-Britannique avant de se propager aux autres provinces.

En réaction à cette prise de position des autorités torontoises, une porte-parole de Santé Canada a tenu à souligner que l’agence fédérale aborde déjà cet enjeu dans une perspective de santé publique.

«Nous sommes conscients que la décriminalisation, dans le cadre d’une approche globale de la consommation de drogues, semble fonctionner dans des endroits comme le Portugal, mais d’autres d’études seraient nécessaires puisque les circonstances sont très différentes au Canada», a expliqué Maryse Durette.

Selon Santé Canada, quelque 4000 Canadiens ont succombé à une apparente surdose d’opioïdes en 2017. La Ville de Toronto avait alors recensé 303 cas — une hausse de 63 pour cent par rapport à l’année précédente.

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