Tirée de Facebook L'organisme PÉTALES Québec déplore la diminution importante de son financement gouvernemental.

Un organisme communautaire national œuvrant auprès des parents d’enfants présentant des troubles de l’attachement déplore que son financement gouvernemental ait diminué en cette année électorale. Selon la directrice du groupe, Danielle Marchand, certains ministères ont choisi de réduire le budget qui lui était réservé par le passé.

Fondée il y a plus de 15 ans, PETALES Québec a pour principale mission d’apporter un soutien aux personnes confrontées à des jeunes souffrant de troubles de l’attachement. Ces troubles incluent plusieurs problèmes de comportement, qui s’observent surtout chez les enfants n’ayant pas reçu de réponse à leurs besoins de protection ou de sécurité en bas âge.

L’organisation reçoit traditionnellement des sommes importantes des enveloppes discrétionnaires de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, ou du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. Or, cette année, «la donne a radicalement changé», affirme Mme Marchand.

«À notre grand étonnement, Lucie Charlebois nous donne une somme de 5 000$, alors que l’année dernière, on parlait de 15 000$, lance-t-elle en entrevue avec Métro. On ne touche aucun montant de Gaétan Barrette, alors qu’il y a un an, c’était 10 000$.» Le ministre de la Famille, Luc Fortin, octroie pour sa part une somme de 500$ à l’organisme, tandis que le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, n’a toujours pas répondu aux demandes renouvelées de PETALES Québec.

«Ça nous place dans une situation très précaire, et on a de sérieux problèmes à accomplir notre mission actuellement, plaide la directrice. En ce moment, on est en survie, et on donne nos services de manière minimale à une clientèle qui est pourtant très grande.»

Des conséquences, des réponses
Sans soutien financier, PÉTALES Québec est notamment forcée d’annuler sa tournée provinciale dans plus de 11 régions, en plus de diminuer sa présence dans les conférences et les colloques auprès des parents dans le besoin. Le poste d’un stagiaire qui venait en aide à la direction, a également dû être coupé, faute de fonds pour une rémunération minimale.

Dans une lettre de refus envoyée le 7 août dernier, le cabinet du ministre Barrette indique à l’organisation qu’il est «impossible» de répondre favorablement à sa requête. «Compte tenu de l’année électorale en cours, de nouvelles directives ont été émises et le budget discrétionnaire a été revu à la baisse», est-il écrit. Jointe par courriel, l’attachée de presse de Gaétan Barrette, Catherine Audet, a redirigé Métro vers le cabinet de Lucie Charlebois, bien qu’il s’agisse de l’enveloppe discrétionnaire du ministre de la Santé.

Au début de l’été, le 11 juin, la ministre Lucie Charlebois écrivait pour sa part à l’organisme qu’un montant de 5000$ serait octroyé «dans les prochaines semaines», mais que l’aide financière accordée serait «ponctuelle et non récurrente».

Jointe par Métro, l’attachée de presse de la ministre Charlebois, Bianca Boutin, explique que la marge de l’enveloppe discrétionnaire «a été réduite au 7/12 puisque nous sommes en année électorale». «Nous avons choisi de venir en aide à un grand nombre d’organismes, puisqu’ils sont tous dans le besoin», note-t-elle à ce sujet.

Sur une autre note, Bianca Boutin a indiqué que PETALES Québec a bel et bien «vu une hausse de son financement provenant du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC)», passant de 21 459$ en 2016-2017 à 31 000$ en 2017-2018.

À ce sujet, Danielle Marchand confirme, mais tempère. «C’est vrai que l’an dernier, on a eu une augmentation de plus de 9000$ sur ce que la ministre a injecté dans ce programme. C’est bien, mais ça nous tient quand même à 31 000$, ce qui n’est pas beaucoup. On devrait avoir plus du triple pour accomplir notre mission», croit-elle.

Renverser la tendance
En octobre dernier, dans le cadre des études détaillées du projet de loi 99, qui propose notamment de modifier la Loi sur la protection de la jeunesse, la ministre Charlebois laissait entendre que PETALES Québec était «un partenaire» important dans le développement d’une expertise en problèmes d’attachement, afin de soutenir les familles touchées.

«On avait produit un mémoire sur le sujet à l’époque et on était très content d’être considéré dans l’équation, tranche Danielle Marchand. Sauf que maintenant, pour continuer de travailler en collaboration, il faudrait au moins qu’on soit capable de rester en place.»

Plus globalement, la directrice de PÉTALES Québec dit avoir des craintes considérables pour l’avenir du milieu communautaire si la tendance ne se renverse pas. «C’est un danger réel, car les organismes souffrent beaucoup actuellement. Ce qu’on injecte, c’est nettement insuffisant, et on voit que certains joueurs essentiels peinent à survivre dans plusieurs secteurs.»

Une réalité «paradoxale», croit Mme Marchand, dans le contexte où les organisations communautaires prennent de plus en plus de poids, selon elle. «Avec les années, ces groupes-là sont souvent venus compenser pour les services effrités dans les services sociaux, avance-t-elle. Le problème, c’est qu’après notre intervention, les familles et les jeunes sont laissés à eux-mêmes, ou alors ils doivent se tourner vers le privé. On est essentiel, et avec plus de financement, on aurait un impact beaucoup plus fort.»

Danielle Marchand espère que d’ici les prochains mois, le gouvernement élu, quel qu’il soit, pourra donner un nouveau souffle au mouvement et lui redonner ses lettres de noblesse. «La recherche actuellement soutient presque unanimement notre mission, et il faut s’en soucier. Une réponse aussi timide de nos ministres, ça doit changer», martèle la principale intéressée.

Chaque année, PETALES Québec verse un salaire minimal à sa directrice générale, en plus de compter sur «le soutien non-négligeable et essentiel» de sept bénévoles et d’un conseil d’administration en rotation plus ou moins constante.

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