MONTRÉAL – Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, n’était pas prêt à appuyer l’effort du gouvernement du Québec visant à mettre sur pied un programme d’aide internationale, lorsqu’il a été interrogé jeudi à propos de l’intention de la province de créer sa propre version de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Cette agence provinciale s’inscrit dans la «gouvernance souverainiste» du Parti québécois (PQ) consistant à récupérer des pouvoirs auprès d’Ottawa. Le gouvernement Marois a lancé une étude du projet, et semble déterminé à réclamer au gouvernement fédéral sa part du budget fédéral d’aide internationale.

Le leader du NPD dit comprendre la frustration que certains peuvent ressentir envers les politiques de développement du gouvernement Harper. Il n’est toutefois pas allé jusqu’à appuyer les efforts du PQ.

M. Mulcair a cependant indiqué qu’au lieu de permettre aux provinces de combler unilatéralement le vide humanitaire provoqué par les conservateurs, il visait plutôt à remplacer le système pour l’ensemble de la population.

Le chef néo-démocrate a dressé un portrait sombre des efforts fédéraux sur la scène internationale, qui, selon lui, contrastent vivement avec le rôle de négociateur honnête autrefois endossé par le Canada.

Alors que le gouvernement canadien se préoccupait de paix, de justice sociale et de prospérité par le passé, sous les conservateurs, plaide M. Mulcair, il est désormais davantage question de faire progresser les intérêts partisans.

Cette prise de position rejoint en partie celle de Jean-François Lisée, ministre québécois des Relations internationales.

Selon ce dernier, les programmes d’aide ont été contaminés par les priorités du Parti conservateur, alors que le gouvernement Harper a de plus en plus conjugué les efforts humanitaires avec des projets miniers à l’étranger.

Jeudi, M. Mulcair a laissé entendre que le gouvernement devait mieux refléter les valeurs canadiennes.

«Mon premier espoir est que le Canada que les conservateurs projettent sur la scène internationale pourrait commencer à ressembler aux Canadiens», a dit le chef néo-démocrate.

«Nous avons toujours été un peuple ouvert, aidant et respectueux, qui joue un rôle important sur la scène internationale. Le Canada dont Stephen Harper fait la promotion est méconnaissable aux yeux de la planète et méconnaissable pour nous-mêmes.»

Le Bureau du premier ministre a déjà rejeté l’initiative québécoise, affirmant que la politique étrangère était de compétence fédérale en vertu de la constitution.

Les questions qui touchent au nationalisme québécois sont toutefois politiquement délicates pour M. Mulcair. Son caucus néo-démocrate comprend près de 60 députés issus du Québec, dont plusieurs ont été élus dans des circonscriptions qui ont longtemps appartenu au Bloc québécois.

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