Yves Provencher/Métro Plusieurs groupes citoyens et environnementaux dénoncent le processus de consultation de Québec dans le dossier de l’inversement de l’oléoduc 9B d’Enbridge.

Plusieurs groupes citoyens et environnementaux dénoncent le processus de consultation de Québec dans le dossier de l’inversement du flux de l’oléoduc 9B d’Enbridge.

Ce projet permettrait d’acheminer chaque jour 300 000 barils de pétrole de l’Ouest vers les raffineries montréalaises. Le processus de consultation initié par le gouvernement Marois est une mascarade selon plusieurs.

«Le processus n’est pas crédible car l’industrie y prédomine. Il n’est pas complet car il ne s’intéresse pas aux impacts en amont et en aval. Il n’est pas rigoureux car il n’est étayé par aucune étude environnementale indépendante. Et il n’est pas réellement public car plusieurs groupes ont été écartés», a déclaré jeudi, Marie-Josée Béliveau, porte-parole de la Coalition Vigilance Oléoducs.

La Coalition fait partie de la douzaine de groupes qui dénoncent le fait que le gouvernement Marois restreigne les auditions publiques à des groupes préalablement invités, comme l’avait fait le gouvernement Harper lorsqu’il a imposé de nouvelles règles de consultation publique au sujet de projets énergétiques.

Après plusieurs désistements, seuls cinq groupes environnementaux porteront, le 3 décembre, en commission parlementaire, la voix des citoyens inquiets des conséquences de ce projet sur la qualité de l’air et sur les nappes phréatiques, en cas de déversements. Il s’agit notamment d’Équiterre, de Greenpeace et du Regroupement des Conseils régionaux en environnement.

«Le gouvernement ne fait pas preuve de responsabilité envers la santé publique des citoyens», a dénoncé Kristian Gareau, du groupe Justice Climatique Montréal. L’Est de Montréal qui raffinerait le ««pétrole sale» issu des sables bitumineux est déjà l’endroit dans l’île où l’on retrouve les plus hauts taux de maladies respiratoires.

Ultramar prétend au contraire que ce pétrole contiendra moins de soufre et de contaminants et aura une empreinte carbone moins importante que le brut ayant voyagé par train et par bateau. Quant à l’Association industrielle de l’Est de Montréal, elle précise que d’autres facteurs tels que la forte présence de foyers au bois et la proximité d’importants axes routiers sont aussi en cause.

Lors des audiences publiques du début de la semaine, le représentant d’Enbridge s’est fait rassurant au sujet du pipeline vieux de 38 ans. «Il n’y aura pas d’augmentation de la pression d’exploitation maximale … En cas peu probable d’incident, Enbridge est responsable d’indemniser pleinement tout dommage».

Plusieurs organisations économiques soutiennent le projet d’Enbridge et son apport pour l’économie montréalaise, même si les environnementalistes soulignent que cela ne procurera qu’une centaine d’emplois à long terme. Même le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a souligné cette semaine que «le Québec ne peut pas s’imposer le choc économique de renoncer au pétrole».

C’est l’Office national de l’énergie qui aura le dernier mot dans ce projet étant donné qu’il s’agit d’une compétence fédérale. Sa décision est attendue à la fin janvier 2014. Ce sera une mise en bouche avant le grand dossier du projet de TransCanada qui prévoit la construction d’un nouveau pipeline d’une capacité quatre fois supérieure, entre l’Alberta et le Nouveau-Brunswick. Le tracé actuel du pipeline pourrait occasionner par ricochet la pollution de la rivière des Outaouais, le principal affluent du Saint-Laurent, source d’eau potable des Montréalais.

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