OTTAWA – Des microbilles se cachent peut-être dans votre nettoyant facial, votre gel de douche ou votre dentifrice. Et en raison du danger qu’elles posent pour la santé publique et l’environnement, Ottawa songe à les bannir.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a déposé une motion pour porter le dossier à l’attention du gouvernement, s’est réjoui mardi d’avoir réussi à convaincre le ministère de l’Environnement du sérieux de l’affaire.

Mais l’instigatrice de la démarche, la porte-parole du parti en matière d’environnement, Megan Leslie, demande au gouvernement fédéral d’agir promptement en ajoutant à sa liste des substances toxiques les fameuses microbilles.

«C’est un énorme problème. La concentration de microbilles dans les Grands Lacs est l’une des plus élevées des cours d’eau à l’échelle internationale. Le fleuve Saint-Laurent est aussi touché», plaide la députée de Halifax en entrevue téléphonique.

Les microbilles sont de minuscules billes de plastique utilisées dans la fabrication de démaquillants, d’exfoliants et de dentifrices. Elles sont souvent ajoutées dans ces produits comme abrasifs.

En raison de leur petite taille, ces substances se faufilent à travers les filtres des usines d’épuration des eaux usées pour se retrouver dans les cours d’eau, puis s’introduire dans la chaîne alimentaire.

«On en a retrouvé dans le système digestif des poissons, des crustacés, et même dans le plancton. Des poissons sont morts de faim parce que leur estomac était rempli de billes de plastique, et d’autres sont morts asphyxiés», illustre Mme Leslie en entrevue téléphonique.

Les microbilles représentent donc un danger à la fois pour la sécurité publique et les écosystèmes marins, fait-elle remarquer.

La députée du NPD a eu droit à un son de cloche positif de la part du gouvernement Harper, lequel a confirmé mardi qu’Environnement Canada mènerait une étude sur les impacts environnementaux de ces microbilles.

Les conclusions de cette enquête permettront à Ottawa d’élaborer une marche à suivre, a expliqué en Chambre Colin Carrie, secrétaire parlementaire de la ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq.

Mais selon Megan Leslie, des études ont déjà conclu à la dangerosité des minuscules boules de plastique — des chercheurs de l’Université McGill, notamment, en sont arrivés à ce constat.

Les microbilles gisent «un peu partout sur le lit du fleuve Saint-Laurent» en concentrations «aussi élevées que dans les milieux marins les plus contaminés du monde», ont prévenu les scientifiques de l’établissement universitaire montréalais en septembre 2014.

Par ailleurs, l’arrêt de mort des microplastiques dans les produits cosmétiques a déjà été signé dans des États américains comme le New Jersey — la loi prévoyant leur disparition obligatoire a été signée mardi par le gouverneur Chris Christie.

L’industrie semble prête à faire sa part. Une importante association nationale, la Canadian Cosmetic, Toiletry & Fragrance Association (CCTFA), a d’ailleurs récemment écrit à la ministre Aglukkaq pour le signaler.

Le regroupement estime qu’une législation à l’échelle nationale serait l’approche la plus souhaitable afin de permettre aux compagnies qui oeuvrent dans le secteur de s’adapter en suivant les mêmes règles.

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