Tom Hanson / La Presse canadienne Michel Juneau-Katsuya

La présence de terroristes cachés dans les rangs de réfugiés syriens est fort peu probable, selon l’ancien agent du SCRS (Service canadien de renseignement et de sécurité) et consultant en sécurité Michel Juneau-Katsuya. Entrevue.

Quelles leçons faut-il tirer des attentats de Paris?
Ce qui m’a frappé, c’est l’impression de déjà vu. Des at­taques coordonnées à différents endroits, on a vu ça à Mumbai. L’attaque dans un théâtre, on a déjà vu cela à Moscou. L’attaque de café, on a vu cela en Australie. Les terroristes apprennent de leurs prédécesseurs, alors qu’on peut noter un certain laxisme chez les autorités occidentales. La coopération entre les forces de police françaises et belges est en question. On a aussi appris qu’un juge avait interpellé cet été un individu à qui on a demandé de commettre des attentats lors d’un concert rock. Où l’information s’est-elle perdue? Lors de quatre tentatives précédentes, les terroristes venaient de Molenbeek. Qu’attend la Belgique pour agir?

Les villes canadiennes sont-elles prêtes?
Toutes les grandes villes du Canada ont une équipe d’intervention tactique qui peut aussi avoir le soutien additionnel d’équipes équivalentes de la Sûreté du Québec ou de la Gendarmerie royale du Canada. Les corps policiers s’entraînent aussi régulièrement dans le cadre de simulations, pour vérifier notamment les temps de réponse et la qualité des communications. Mais les résultats restent confidentiels afin de ne pas donner d’information sur de possibles vulnérabilités à d’éventuels terroristes.

Faut-il craindre que des terroristes se cachent parmi les réfugiés?
C’est très peu probable pour différentes raisons. En Europe, on compte environ 9 000 ré­fugiés par jour. C’est un flot difficilement maîtrisable. Au Canada, on a la frontière de l’Atlantique. Les réfugiés que nous sélectionnons passent d’abord par le filtre du Haut Commissariat aux réfugiés, qui a son propre service de renseignement et qui n’aurait aucun intérêt à sélectionner de mauvais candidats. Ensuite, il y a le filtre des agents d’immigration Canada qui sont sur place et qui privilégient les familles.

Les dossiers sont ensuite analysés par la base de données du SCRS qui compte des milliers de noms, et qui dispose d’un outil capable de faire une analyse de nom selon différentes formulations phonétiques ou alphabétiques. Compte tenu du processus, le groupe État islamique a beaucoup plus intérêt à tenter de convaincre des gens déjà sur place que de tenter d’infiltrer des réfugiés.

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