GRAEME ROY GRAEME ROY / La Presse Canadienne

TORONTO – Les pharmacies sont les mieux équipées pour distribuer la marijuana médicinale compte tenu de leur expertise en matière de gestion des médicaments sur ordonnance, selon une organisation nationale regroupant certaines des plus grandes chaînes de pharmacies du pays.

«Nos membres sont vraiment dans la situation idéale pour gérer la distribution et l’accès des patients au cannabis», a déclaré Allan Austin, un porte-parole de l’Association canadienne des pharmacies de quartier, mercredi.

«Les pharmaciens sont des spécialistes des médicaments et de leur gestion. Nos membres disposent déjà des systèmes et des processus nécessaires pour gérer les médicaments, incluant la surveillance, le suivi de l’utilisation et les interactions médicamenteuses.

Shoppers Drug Mart, qui porte le nom de Pharmaprix au Québec, s’est également lancée dans le débat, mercredi, avec un message similaire.

«Les pharmaciens sont des experts des médicaments et jouent un rôle important dans la distribution et la surveillance des médicaments afin d’assurer une utilisation sécuritaire et optimale», a écrit la porte-parole de la chaîne, Tammy Smitham, dans un courriel.

«Nous croyons que distribuer la marijuana médicinale en pharmacie, à l’instar des autres médicaments, est l’option la plus sécuritaire.»

La plus grande chaîne de pharmacies du Canada a fait cette déclaration après que The Globe and Mail, citant des sources anonymes, eut rapporté que Shoppers envisageait de vendre du cannabis médicinal.

Selon le quotidien torontois, la chaîne, qui appartient à Loblaw, a tenu plusieurs rencontres avec des producteurs et des fournisseurs de marijuana médicinale au cours de la dernière année.

Mme Smitham a refusé de confirmer que de telles réunions avaient eu lieu.

En vertu des règles actuelles de Santé Canada, la seule façon légale de se procurer de la marijuana médicinale est de faire affaire avec un producteur titulaire d’un permis. Ce qui veut dire que les pharmacies n’ont pas le droit de vendre la substance.

Marc Gobuty, le fondateur et le chef de la direction de Peace Naturals Project, un producteur détenant un permis de Santé Canada l’autorisant à cultiver du cannabis médicinal, a reconnu avoir discuté avec certaines des plus importantes chaînes de pharmacies canadiennes, mais n’a pas voulu préciser lesquelles.

M. Gobuty a indiqué que les chaînes avaient manifesté de l’intérêt pour la distribution de la marijuana médicinale parce que la substance était maintenant disponible sous forme d’huile, ce qui constitue une «option viable» pour les pharmacies.

Il a révélé avoir parlé d’une entente d’approvisionnement avec les chaînes, mais avoir décliné leurs offres parce qu’elles n’étaient pas intéressantes pour son entreprise.

En 2015, la Cour suprême avait décrété que les utilisateurs de cannabis médicinal pouvaient légalement consommer la substance sous différentes formes, incluant l’huile.

De son côté, l’Association des pharmaciens du Canada a répété qu’elle s’inquiétait des effets du cannabis sur la santé de la population, disant mercredi qu’elle n’avait pas changé d’avis depuis la publication en novembre d’un communiqué détaillant sa position sur la question.

«De plus, la communauté des pharmaciens est de plus en plus inquiète au sujet de la sécurité des patients et de la supervision clinique concernant l’utilisation de la marijuana médicinale», peut-on lire dans le communiqué.

«L’Association est donc en train de passer en revue ses politiques afin de s’assurer que celles liées à la distribution de la marijuana médicinale par les pharmaciens tiennent compte de la sécurité du patient dans ce domaine en pleine évolution.»

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!