Warner Bros. Picture Dans Sully de Clint Eastwood, Laura Linney joue Lorraine, la femme de Chesley Sullenberger (joué par Tom Hanks), le pilote qui a réussi à faire atterrir en sécurité un avion commercial défectueux sur la rivière Hudson à New York, en 2009.

L’actrice américaine Laura Linney parle de son nouveau film, Sully, qui marque sa troisième collaboration avec le légendaire réalisateur Clint Eastwood.

Laura Linney adore travailler avec Clint Eastwood. Depuis Absolute Power, en 1997, ils ont collaboré deux fois ensemble: elle a été l’épouse de Sean Penn dans Mystic River et, maintenant, Lorraine, la femme du pilote héros Chesley Sullenberger (interprété par Tom Hanks) dans Sully. De petits rôles, mais toujours importants: l’actrice n’apparaît que dans une poignée de scènes de Sully, toujours au téléphone avec son époux après qu’il ait atterri avec un avion commercial défectueux sur la rivière Hudson de New York, sauvant tout le monde à bord. La comédienne de 52 ans parle des choses qu’elle a apprises du légendaire cinéaste et acteur et de l’importance souvent minimisée de l’expérience.

Parlez-moi de votre première rencontre avec Clint, quand vous avez tourné Absolute Power, il y a 20 ans.
Je m’en souviens parfaitement. Absolute Power était peut-être mon troisième rôle important au cinéma. J’avais été retenue parce que Clint avait vu une version préliminaire de Primal Fear. Alors, j’ai auditionné et j’ai reçu cet appel téléphonique incroyable, sorti de nulle part. Je me suis présentée sur le plateau, à Baltimore, et on m’a emmenée le rencontrer. Il s’est retourné et il était là, grand, magnifique et si gentil. Ma première journée, j’ai dû conduire une voiture à travers un champ et la garer à un endroit exact, ce qui était assez stressant, mais j’ai réussi à m’en tirer. C’était une journée importante dans ma vie, puisque j’ai travaillé avec lui trois fois, ces 20 dernières années.

Et vous avez dû composer avec sa fameuse habitude de ne tourner que quelques prises, ce qui a dû être surprenant pour une actrice de théâtre.
C’est un art. Quand je tournais Absolute Power, j’ai appris qu’à Rome, on fait comme les Romains. Je me suis dit : «Voilà une occasion d’apprendre à travailler de cette manière.» J’ai appris que je devais être aussi préparée que possible, pour pouvoir être aussi relaxe que possible. C’est là que le travail peut se faire, parce que si on est stressé et nerveux, on n’offre pas sa meilleure performance. Et si on n’est pas préparé, on va être nerveux. La réponse humaine normale, c’est d’être tendu. Il faut s’entraîner à réagir de la manière opposée. J’ai appris à composer avec ma propre psychologie pour être prête à jouer pour lui. Et je me suis servie de cette connaissance de moi-même dans chaque film que j’ai tourné ensuite. Ça aide beaucoup.

Les trois rôles que vous avez joué pour Clint sont très différents.
À cause de mon âge, notamment. J’étais très jeune quand j’ai tourné le premier. Et le second était un petit, mais fantastique rôle dans Mystic River. Celui dans Sully était tout un défi. On pourrait le minimiser et le décrire comme «une femme au téléphone». Mais c’était délicat à jouer, particulièrement en étant isolée du reste du tournage. Je n’étais pas là pour être témoin du déroulement du tournage, du ton du film et des autres acteurs. Est-ce que ce que je faisais s’y mêlait bien? Encore là, j’ai simplement dû me préparer autant que possible avec ce à quoi j’avais accès et laisser Clint faire ce qu’il fait.

C’est incroyable qu’à son âge, il tourne encore autant de films.
C’est déjà impressionnant que quiconque réussisse à faire ne serait-ce qu’un film.

«L’expérience humaine a de la valeur, même si on ne lui en accorde pas vraiment dans le monde actuel.» – Laura Linney, actrice

Et c’est impressionnant qu’il ait fait un film avec cette histoire, tirée d’un événement qui, a priori, n’a duré qu’une heure environ, si on compte la mission de sauvetage qui a suivi l’atterrissage de l’avion. Ça devient une œuvre qui explore beaucoup des idées favorites de Clint, comme celle de ces hommes discrets et professionnels qui ont l’air calmes et en maîtrise de leurs émotions, mais qui, à l’intérieur, sont rongés par le doute et l’angoisse.
Et ça confirme que l’expérience est importante. L’expérience compte – plus qu’une simulation informatique, plus qu’un algorithme. L’expérience humaine a de la valeur, même si on ne lui en accorde pas vraiment dans le monde actuel. Tout le monde aime minimiser les avantages de vieillir. Mais ce n’est pas mal d’avoir de l’expérience, dans la vie.

Je commence à en avoir un peu.
Et c’est chouette, non?

Mais il y a aussi l’idée selon laquelle même quand on est très expérimenté, il faut être capable de changer sa manière de faire, parfois, d’essayer de nouvelles choses.
Oui. C’est l’équilibre entre avoir de l’expérience et ne jamais cesser d’apprendre et de vouloir s’améliorer. Être trop savant, c’est un peu ennuyant, et on devient rabougri et insupportable. Mais si on est trop ouvert et qu’on renie toute notre expérience sans s’appuyer dessus, alors on n’est pas authentique parce qu’on ignore ce qu’on est et ce qu’on a vécu. C’est un état actif intéressant.

Eastwood le discret

Laura Linney parle avec Métro de la réputation de Clint Eastwood en tant que réalisateur.

Clint Eastwood a la réputation d’être un dur à cuire effrayant et taciturne, mais dans la vraie vie, il est charmant.
C’est vrai!

Et modeste. À l’époque de Mystic River, dans une entrevue avec Charlie Rose, celui-ci lui avait demandé ce qu’il lui restait à faire quand il avait une distribution géniale et du bon matériel. Eastwood avait souri, haussé les épaules et répondu : «Rien.»
[Rires] Ce n’est pas tout à fait vrai qu’il ne «fait rien». Il en a peut-être l’air parce qu’il n’est pas trop contrôlant. Mais il est simplement très discret. Il fait confiance aux gens avec qui il travaille, alors il ne s’interpose pas. Enfin, s’il n’aime pas ce que vous faites, il va évidemment intervenir. Il n’accepte pas n’importe quoi. Mais il y a une quantité phénoménale de confiance entre lui et les gens avec qui il travaille, ce qui fait qu’il a tendance à retravailler avec les mêmes personnes, surtout son équipe technique.

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