Mike Ward à quelques jours de son retour au Centre Bell
Après deux ans et des poussières de tournée, Mike Ward a encore énormément de plaisir à faire son sixième spectacle, Modeste. Voilà pourquoi ce dernier «mourra» bientôt, plus précisément le 29 mai, dans l’immensité du Centre Bell… Tout juste avant de répéter son exploit de 2022 avec un enregistrement de Sous écoute.
Contradictoire?
«J’aime ça, des tournées de deux ans. Je n’aime pas étirer ça six ans, parce qu’à un moment donné, ce qu’on a écrit était vrai il y a deux ans, mais après un certain temps, notre réalité a changé. Là, le show est encore le fun. Et je suis content de le finir pendant qu’il est encore le fun!», avance en entrevue l’humoriste.
Métro l’a rencontré lors du récent Gala les Olivier, où il a triomphé en remportant, pour la première fois en 33 ans de carrière, le prix du Spectacle d’humour / Meilleur vendeur de l’année pour Modeste.
Une distinction qu’il a reçue avec beaucoup d’émotion et qu’il a dédiée à ses parents qui l’ont toujours encouragé. «Ma mère et mon père m’ont toujours dit de foncer, que j’étais bon, même quand tout le monde me disait que je n’étais pas bon!», a-t-il souligné en ce grand soir.
«Ç’a été le show qui a le mieux marché, ajoute Mike au sujet de Modeste. En vieillissant, des fois, on se demande si on va être encore drôle. Alors, j’étais content de voir que le monde trouve encore ça drôle!»
«J’ai hâte au septième show, mais je ne sais pas quand il va sortir. Je n’ai rien de prévu. Mon équipe était bien excitée, on me disait que ça allait bien, qu’il faudrait lancer le show tout de suite… Et moi, j’ai dit que j’allais prendre le temps, que je ne savais pas ce que j’avais le goût de faire.»
Au Centre Bell comme dans son salon
Et, ce fun qu’il se paie encore, Mike Ward l’étirera sur deux soirs plutôt qu’un dans la maison des Canadiens (qui seront peut-être encore dans la course pour la Coupe Stanley quand Ward s’y pointera, qui sait!)
En plus de la dernière représentation de Modeste, il y enregistrera le lendemain, 30 mai, un épisode de son balado devenu presque mythique, Sous écoute. Les invités de ce rendez-vous qu’on anticipe déjà très, très arrosé ne sont pas encore dévoilés.
Au Centre Bell comme dans son salon, Mike Ward? Presque. Après tout, l’enfant terrible de l’humour d’ici y battait, le 22 juillet 2022, le record Guinness – jamais surpassé depuis – d’un balado enregistré devant le plus grand public (20 986 billets avaient alors été vendus).

Déjà, en cet été où traînaient encore dans l’air des relents de COVID-19, les statistiques relatives à Sous écoute épataient: 400 000 écoutes uniques hebdomadaires, 90 292 789 téléchargements et plus de six milliards d’écoutes depuis le début du projet (en 2011). Des données qu’il faudra bien sûr réviser à l’approche de son nouveau rencard.
Il y a quatre ans, même l’iconique Diane Bibeau lui avait pianoté l’hymne national à l’orgue, et son exploit avait été salué d’une ceinture de champion sous les yeux d’une foule qui outrepassait les assistances passées, dans le même lieu, de Coldplay, Lady Gaga, Maroon 5, Madonna, Bruno Mars, les Backstreet Boys, Justin Bieber et Bon Jovi.
On ne peine pas tellement à le croire lorsqu’il affirme que Sous écoute lui offre la liberté financière nécessaire pour décliner la possibilité d’une tournée ou toute autre proposition si celle-ci ne lui fait pas envie. Et, non, Mike Ward n’a pas vendu son concept de bière et bavardage entre humoristes à qui que ce soit. Pas à Guillaume Lemay Thivierge, ni à personne d’autre.
La «job la plus facile au monde»
Et il est loin d’être lassé de ses pintes au Bordel Comédie Club.
«Non, parce que c’est seulement 26 jours par année. Vingt-six jours par année, je parle à du monde que je trouve drôle avec une bière dans les mains! C’est tellement la job la plus facile au monde…»
En 2011, quand il a commencé Sous écoute, rappelle Mike Ward, les podcasts existaient seulement «à peu près».
«Même aux States, le plus connu était Marc Maron (avec WTF with Marc Maron). J’étais là avant que (Joe) Rogan soit connu. Je suis vraiment un vieux, vieux, vieux de la vieille…»
«Moi, au début, j’espérais juste parler à des humoristes, et que le public voie comment sont les humoristes dans la vraie vie, raconte Mike. J’aime tellement l’humour, j’aime tellement les humoristes! Souvent, il y avait des humoristes que je trouvais moyens sur scène, mais que je savais hilarants dans les loges. Je me disais que, si le public pouvait voir à quel point ils sont drôles, les gens tomberaient en amour. Comme moi, je suis tombé en amour avec eux. C’était pour faire une infopub pour mes amis humoristes!»
«Finalement, ça fait 16 ans que je fais ça, et je ne vois pas quand je vais arrêter. Je ne sais pas si ça va être dans deux ans, cinq ans, 15 ans…»
Yvon Deschamps, une rencontre mémorable
D’autant plus, lui signale-t-on, que le bassin de nouveaux collègues à la répartie vive ne cesse de se renouveler.
«Quand j’ai commencé, tout le monde disait qu’il y avait beaucoup d’humoristes, alors qu’on était 30. Là, il y en a 500! Je pourrais continuer Sous écoute encore 10 ans, et ne pas faire le même humoriste deux fois. Je vois plein d’humoristes, et je me dis: hey, lui, je ne le connais pas, et il n’a jamais fait Sous écoute… Il y en a encore plein à faire.»
Qui est l’invité que Mike Ward a accueilli le plus souvent à Sous écoute?
«Je pense que c’est Arnaud Soly…»
Avec qui a-t-il eu le plus de plaisir? Quel a été son tour de table le plus mémorable? L’hôte s’amuse avec tout le monde, mais les noms des vieux frères de la première heure s’imposent naturellement.
«Des gars comme Arnaud, les Denis (Drolet), Jean-Thomas Jobin, Martin Matte… C’est souvent du monde que ça fait longtemps que je connais, et ce sont quasiment des retrouvailles.»
Et son plus grand privilège? La complicité tissée avec Yvon Deschamps à Sous écoute, sur son propre terrain de jeu.
«La première fois que j’ai reçu Yvon, je le connaissais un peu, mais pas tant. Ça, ç’a été, je pense, mon podcast le plus mémorable. Passer deux heures avec un monument comme Yvon Deschamps… Je me sentais tellement choyé, c’était un vrai privilège d’être avec lui. Et c’était vraiment le fun!»
«L’année d’après, Yvon m’avait réécrit en me demandant s’il pouvait revenir. Ça me surprend de n’avoir pas fait encadrer cet email-là! D’avoir Yvon qui te demande de revenir… C’est fou! Juste le fait de l’appeler Yvon, je trouve ça fou! Je ne l’appelle plus Monsieur Deschamps, c’est devenu Yvon!»
Un meilleur son
Les inconditionnels présents à l’événement Sous écoute de 2022 se souviendront peut-être de la sonorité laborieuse dans le Centre Bell. Il était alors difficile d’entendre les propos des invités, et la magie du moment avait un peu écopé.
Mike Ward assure que les mémos ont été envoyés aux bonnes personnes, et qu’on les saisira bien, ses potes et lui, le 30 mai prochain.
«Là, le son va être bon, parce qu’on a engagé Charles Éthier, le directeur de production de Céline (Dion). Il avait fait sonner le Centre Vidéotron, et il m’a juré que le Centre Bell va sonner comme au Bordel. Ça va être comme un petit bar!»
Les pensées de Mike Ward sur…
Le Gala les Olivier: «Ça fait tellement d’années que je suis venu… C’est niaiseux, ce que je vais dire, mais j’ai une tablette chez nous, sur laquelle j’ai 11 Olivier. J’ai calculé combien il pouvait en entrer dessus avant que je commence une nouvelle tablette… et il en rentre 12. Donc, je peux gagner ce soir [NDLR: il a remporté une seule statuette ce jour-là], mais je ne peux pas gagner l’année prochaine! Après ce soir, ça va prendre une nouvelle tablette… ou peut-être une nouvelle carrière! Je me lance en acupuncture, ou je vais trouver une autre job…»
L’affaire Jérémy Gabriel: «C’est dans le passé et je suis heureux. Tout ça a commencé en 2013… Si c’était encore d’actualité, ça n’aurait aucun sens!» Est-ce que tout ce tourbillon médiatique l’a incité à censurer davantage ses propos? «Non, vraiment pas!»
L’affaire Julien Lacroix – Juste pour rire: «Je pense que le milieu a parlé, et Juste pour rire a écouté…»