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Projet Montréal veut dénoncer le «génocide» et «l’apartheid» en Palestine

Ericka Alneus à l'hôtel de ville de Montréal.
Ericka Alneus, cheffe intérimaire de Projet Montréal. Photo: Olivier Robichaud / Métro

Projet Montréal déposera bientôt une motion au conseil municipal de Montréal pour «reconnaître et à dénoncer le régime d’apartheid imposé en Palestine ainsi que le génocide qui y est perpétré».

Israël fait face à des pressions croissantes de la communauté internationale depuis le début de la guerre actuelle à Gaza. Un conflit qui, depuis, s’est étendu au Liban et en Iran.

L’État hébreux est accusé de génocide par de nombreux organismes, y compris Amnistie Internationale et Human Rights Watch. La Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé lancée par les Nations unies a également conclu au génocide.

Nathalie Goulet, auteure de la motion de Projet Montréal, souhaite que la métropole se joigne aux dénonciations.

«Montréal est une ville profondément diversifiée, où vivent des milliers de personnes directement touchées par les conséquences de ce conflit. Devant l’ampleur des souffrances humaines documentées par de nombreuses organisations internationales et experts indépendants, nous croyons qu’il est de notre responsabilité morale de faire entendre une voix claire en faveur du respect du droit international, de la protection des civils et de la dignité humaine», dit-elle.

Une motion saluée… et décriée

Le Conseil national des musulmans canadiens a salué la motion de Projet Montréal.

«C’est une motion importante. Les Montréalais viennent des quatre coins du monde, et depuis quelques années il y en a qui voient les expropriations de leurs terres, ils voient la destruction de leur pays d’origine. Ils vivent la perte de membres de leurs familles aux mains d’Israël. C’est une motion importante pour permettre à Montréal d’adopter une position qu’elle a toujours défendue, c’est-à-dire de s’opposer aux régimes qui piétinent la dignité humaine», indique Yasser Lahlou, porte-parole de l’organisme.

L’ancien conseiller municipal Marvin Rotrand ne l’entend pas ainsi.

«J’ai toujours senti que Projet Montréal était antipathique à l’égard d’Israël, et leurs dénonciations de l’antisémitisme sont faibles», dit-il.

M. Rotrand dirige aujourd’hui l’organisme United Against Hate Canada. Il réfute l’idée qu’Israël soit en train de commettre un génocide. «Adopter une motion de ce genre ne fera que diviser davantage la population.»

Ericka Alneus, cheffe intérimaire du parti, dénonce le rapprochement entre la motion de son parti et l’antisémitisme.

«Nous refusons toute instrumentalisation de cette démarche pour alimenter la division ou la haine. Notre motion est fondée sur des principes universels: la défense des droits humains et le refus du racisme sous toutes ses formes. La lutte contre toutes les discriminations, incluant l’antisémitisme et l’islamophobie, doit aller de pair avec notre solidarité envers les victimes de la guerre.»

Une position en évolution

La position de Projet Montréal dans le conflit israélo-palestinien a beaucoup évolué au cours des dernières années. En campagne électorale, Projet Montréal avait signé un pacte pour le boycott d’Israël. Le parti s’était toutefois gardé de prendre position lorsqu’il était au pouvoir sous Valérie Plante. La Ville avait même retiré des pancartes électorales d’un groupe pro-palestinien, selon un reportage du média Pivot.

«Nous voulions adresser cet enjeu adéquatement, faire les choses comme il faut et avec toute la délicatesse qu’il exige», indique le cabinet de Mme Alneus.

Le cabinet de la mairesse Soraya Martinez Ferrada n’a pas souhaité commenter le dossier. La mairesse répondra à la motion le 15 juin, lors de la séance du conseil municipal.

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