Il dominait la liste des nominations et il a dominé la soirée. François Bellefeuille est devenu le grand gagnant de la sympathique et consensuelle 20e édition du gala Les Olivier en remportant trois trophées.

En plus d’avoir reçu la plus haute distinction de la soirée (et le seul prix décerné par le public), l’Olivier de l’année, François Bellefeuille a récolté les prestigieux trophées du Spectacle d’humour et du Metteur en scène de l’année.

«Aaaaaah! Merci beaucoup à ceux qui ont voté pour moi, vraiment, merci du fond du cœur», a-t-il déclaré, visiblement heureux, en récoltant sa troisième statuette à l’effigie d’Olivier Guimond. 

Quelques minutes plus tôt, en recevant son deuxième prix, l’humoriste aux cheveux attachés en avait profité pour remercier Juste pour rire d’avoir relevé le défi qu’il lui avait lancé l’an dernier, en plein scandale Gilbert Rozon, de remettre 10 000$ aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS). «Ils le savent pas encore, mais cette année ils vont être obligés de faire du raccompagnement Nez Rouge.»

«Bonne soirée pour avoir les cheveux attachés, je me fais dire que je suis laitte en tabarnak. Pour vrai, quelqu’un m’a déjà écrit: “Arrête de passer à la télé, tu fais peur à mes enfants.”» – François Bellefeuille, gagnant du Spectacle d’humour de l’année, faisant référence au superbe numéro chanté d’Arnaud Soly

Louis-José Houde et Maude Landry se sont eux aussi distingués en montant chacun sur scène à deux reprises. Le premier, habitué des récompenses, a récolté le prix du Meilleur auteur pour son spectacle Préfère novembre, en plus de l’Olivier du Meilleur vendeur de l’année.

L’humoriste s’est fait philosophe dans ses remerciements: «Je suis à la recherche perpétuelle de la compréhension de cette science de la blague et j’y arriverai jamais. Et en même temps, je trouve ça beau. Si vous êtes jeunes et que vous commencez, n’ayez pas espoir, on ne comprend jamais comment ça marche.»

Maude Landry est quant à elle devenue la deuxième femme à remporter la fameuse statuette de Découverte de l’année après Katherine Levac en 2015. Elle s’est également démarquée dans la catégorie Capsule ou sketch radio humoristique pour sa chronique Les choses pas logiques, diffusée à La soirée est (encore) jeune.

«Je vous côtoie pis je gagne un trophée, c’est écœurant», a-t-elle lancé en récoltant son deuxième prix. Elle a au passage remercié l’équipe de La soirée qui, «à défaut d’avoir fait rire les gens à ComédiHa!, [l]’ont mis sur la map».

Le succès a changé sa vie, a-t-elle blagué en remportant son premier prix. «J’aimerais surtout remercier le restaurant vietnamien en bas de chez nous: avant il me mettait juste une sauce soya, maintenant il en met deux.» 

Katherine Levac, qui partait favorite ex aequo avec François Bellefeuille, a de son côté été récompensée une seule fois pour sa participation à Like-moi!, sacrée Comédie télé de l’année.

Laurent Paquin et Martin Matte, qui suivaient de près, sont repartis les mains vides. 

Nouveauté cette année, le prix Merci pour tout, qui récompense l’engagement social d’un humoriste, a été remis sans surprise au vétéran Yvon Deschamps. Dans une vidéo, il a sollicité des dons pour l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud en rappelant qu’«être impliqué, c’est aussi être quêteux».

«Merci Martin Matte d’avoir arrêté ton ostie de show. T’as gagné plus de trophées que t’as écrit d’épisodes!» – Martin Petit, lors de son remerciement pour le prix de la Série télé humoristique de l’année, prix qui a par le passé très souvent été décerné à l’émission de Martin Matte, Les beaux malaises

Soirée rassembleuse
Après deux années consécutives marquées par des controverses (les accusations d’agression sexuelle contre Gilbert Rozon en 2017 et la censure d’un sketch de Mike Ward et Guy Nantel en 2016), cette
20e édition des Olivier a été consensuelle et rassembleuse.

À la barre de la soirée, le duo formé de Pierre Hébert et Philippe Laprise a offert un numéro d’ouverture sympathique, mais sans grand mordant, à l’image du gala.

Après un montage des meilleurs moments des galas Les Olivier des 20 dernières années, les animateurs ont lancé quelques piques aux humoristes dans la salle ainsi qu’à eux-mêmes.

Ils ont notamment remis en question le fait d’avoir été choisis pour animer cette édition anniversaire alors que Louis-José Houde a piloté les 40 ans de l’ADISQ et que Véronique Cloutier a assuré les 30 ans des Gémeaux. «Il y en a une méchante gang qui ont dit non avant nous autres», en a conclu Laprise.

«Capotez pas, on va signer le Pacte demain», a de son côté déclaré Pierre Hébert après qu’une immense quantité de confettis se fut répandu dans la salle dès le début de la cérémonie.

À défaut d’un scandale dans le milieu de l’humour cette année, les animateurs ont fait un clin d’œil à celui qui a suivi le dernier Gala de l’ADISQ. Questionné à savoir pourquoi le groupe 2Frères se retrouvait en nomination dans la catégorie Découverte de l’année, Philippe Laprise a répondu: «Moi, j’ai peur de Mario Pelchat, je veux pas qu’il soit fâché demain matin.»

Du côté de la présentation des prix, la palme revient à Arnaud Soly, qui, accompagné au piano d’Étienne Cousineau puis d’une chorale, a offert un génial numéro chanté rassemblant les commentaires les plus méchants et loufoques qu’ont reçus les nominés pour le Meilleur vendeur de l’année sur les réseaux sociaux. Un moment de pur bonheur.

Le duo formé de Fabien Cloutier et Maude Landry a été lui aussi très efficace en début de soirée en analysant des extraits de textes des humoristes en nomination dans la catégorie Auteur de l’année.

En plus d’être hilarants dans leurs imitations des onomatopées de Louis-José Houde, ils ont fait une des rares blagues politiques de la soirée. Indigné par le fait que Katherine Levac dise dans son spectacle Velours que les cure-pipes ne servent à rien, le duo s’est fâché contre elle en lui disant que Doug Ford, lui, «se sacre des Franco-Ontariens, mais au moins, il respecte the cure-pipes

D’autres moments sont tombés à plat, notamment le sketch dans lequel Dominic Paquet et Réal Béland ont interprété Raymond Chabot et Grant Thornton avec perruques et lunettes ainsi que le numéro sur les influenceurs qui font de la pub «subtile» sur Instagram, présenté par les deux animateurs de la soirée.

À lire aussi:

La liste complète des gagnants

Le gala en photos

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!