Cette semaine, on craque pour… Le nouveau Ed Sheeran, Mathieu Amalric dans La Vénus à la fourrure, Un lundi sans bruit, les commentateurs de la Coupe du monde à CBC, le blogue Tchao Günther, Ida et le concept de Catnip!

1. Le nouveau Ed Sheeran
Il a écrit pour One Direction et désormais, il en change, de direction. Avec X, qui succède à son premier album, +, le guitariste et chanteur britannique Ed Sheeran grandit. Oui, il y a de la soupe sur ce disque. Et de bonnes louches à part ça. Mais entre ces ballades romantiques, qui seraient toutes d’excellentes candidates pour défiler au générique d’une adaptation cinématographique de Nicholas Sparks (sans rancune, on l’aime, Nicholas), se trouvent des p’tites pépites. Sur ces morceaux, Ed se transforme de guitar player en player tout court, proposant des variations sur le thème «tsé bébé, on est au même étage d’hôtel» ou «tsé bébé, on est sous la même couette» ou «tsé bébé, on partage le même joint» ou «oh oh oh oh oh». Parmi les chansons qui exploitent ce filon, il y a Sing, coécrite avec cette machine à produire des tubes qu’est Pharrell. Il y a aussi Don’t, réalisée par Rick Rubin, un des gars les plus occupés de l’heure. Si vous cherchez quelque chose de plus doux, vous pourrez toujours opter pour Photograph, sur laquelle Ed demande à une fille de «le garder dans la poche de ses jeans déchirés». On gardera p’t’être pas X dans nos jeans, mais dans notre discographie? Sans conteste. (Natalia Wysocka)

2. Mathieu Amalric dans La Vénus à la fourrure
On a beaucoup parlé de la performance, effectivement sidérante, d’Emmanuelle Seigner en Vanda dans La Vénus à la fourrure, savoureux huis clos comme Roman Polanski en a le secret, lui qui adapte ici une pièce de David Ives (après s’être frotté, aussi avec succès, au Dieu du carnage de Yasmina Reza). Mais on soulignera aussi du film, présentement en salle, la performance magistrale de Mathieu Amalric, le metteur en scène tour à tour exaspéré et envoûté par cette Vanda qui joue avec lui comme un chat avec une souris. Ressemblant à s’y méprendre à un jeune Polanski (ce qui n’est pas innocent), l’acteur sait se faire à la fois délicieusement condescendant et complètement dominé par cette mystérieuse actrice qui se plaît à inverser les rôles avec lui. Un formidable duel d’acteurs. (Jessica Émond-Ferrat)

3. Un lundi sans bruit
C’est la deuxième fois en quelques mois que Max Férandon nous charme avec une de ses offrandes littéraires. Après nous avoir touchée avec Monsieur Ho, il nous a beaucoup fait sourire avec Un lundi sans bruit, un sympathique petit roman dont l’action se passe à Saint-Priest-la-Brune, un «village en perpétuelle condensation», et dans lequel on fait la connaissance, entre autres, d’un mime au temps de l’Occupation, d’un scieur qui déteste les lundis et de deux frères bulgares fiers-à-bras à la recherche d’un tableau mystérieux. Maître de l’art du calembour, Max Férandon nous comble encore une fois avec la richesse de sa prose et l’originalité de son récit. On a déjà hâte au prochain!(Rachelle Mc Duff)

4. Les commentateurs de la Coupe du monde à CBC
Comme il fait bon entendre le poète et vieux routier du foot Peter Drury commenter, non, transfigurer de ses formulations certains matchs de ce Mondial diffusés sur CBC! Magicien des mots, le vétéran britannique ajoute une dimension poétique à chaque minute de jeu. Le genre d’homme capable de combiner les termes «habileté», «audace», «excellence» et «capacité» dans une microscopique parcelle de phrase. Mais de tous les bijoux entendus, on retiendra cette délicieuse tournure lancée pendant le match ayant opposé la Colombie à l’Uruguay. Lors du superbe but de James Rodriguez – dont le prénom se prononce Hames, ce qui rend tout ça encore plus beau –, le spécialiste a observé: «Voilà le genre de but qu’on voudrait verser sur nos fraises par un soir d’été: c’est de la crème!» (ou, en version originale: «It’s a goal you want to pour on your strawberries on a summer’s evening; it’s the cream!») Ah! l’art de transformer, par une simple remarque, quelque chose de magnifique en quelque chose d’extraordinaire. Profitons-en pour souligner aussi le très bon boulot des commentateurs de CBC en studio, dont Andi Petrillo, Lloyd Barker et Nigel Reed. Bien joué. (Natalia Wysocka)

5. Le blogue Tchao Günther
La thérapie par l’art? C’est un peu le principe derrière le blogue BD Tchao Günther, que l’auteure a démarré après avoir appris qu’elle avait une tumeur cancéreuse (qu’elle a baptisé Günther) dans un sein. L’auteure en question a choisi de demeurer anonyme pour ne pas «être la fille qui a le cancer», ce qui cadre parfaitement avec le positivisme qui émane du combat contre la maladie qu’elle illustre avec un coup de crayon vif et coloré. Ne tombant ni dans le déni ni dans le misérabilisme, la jeune femme teinte ses planches d’une bonne dose d’humour et de dérision, mais n’en est pas moins touchante. À découvrir au tchaogunther.com, adresse à laquelle on peut aussi encourager l’artiste. (Jessica Émond-Ferrat)

6. Ida
Film en noir et blanc à la direction photo impeccable, Ida de Pawel Pawlikowski offre un mélange de subtilité et de finesse, autant dans la mise en scène que dans le jeu. Résidant à Paris, mais né à Varsovie, le cinéaste nous a notamment donné, en 2004, My Summer of Love, mettant en vedette Emily Blunt. Dans son nouveau long métrage, le réalisateur revisite le passé de son pays natal, plongeant dans la Pologne du début des années 1960. Ida, la jeune femme du titre, est une religieuse qui s’apprête à prononcer ses vœux. Mais avant de le faire, cette discrète orpheline connaîtra de grands bouleversements. La série d’événements sera déclenchée par la rencontre de sa tante, électron libre porté sur la bouteille, qui révélera à sa nièce, sans trop de cérémonie, de rudes vérités sur le passé de leur famille. Ces deux femmes aux antipodes l’une de l’autre, morceaux de puzzle étrangement agencés par le destin, partiront sur la route pour faire la lumière sur des parcelles sombres de leur histoire personnelle, tristement indissociable de celle de leur patrie. Un film aussi fort que raffiné. (Natalia Wysocka)

7. Le concept de Catnip!
Catnip! Le musical fait sortir le public en plein Village gai. Belle idée. On peut même assister à cette production présentée au Club Apollon bière à la main si on le souhaite, à quelques pieds des comédiens aux jolies voix. Dans cette création étonnante, Solange (jouée par Joe Bocan), accro aux pilules et à Canal Chat, reçoit la visite de la brigade Arc-en-Ciel, qui veut l’aider à surmonter sa dépendance. Ça, c’est un très court résumé. Bien que la fable, audacieuse et déjantée, gagnerait à être peaufinée, on en ressort le sourire aux lèvres. On aime l’ambiance. Jusqu’à la fin de juillet. (Andréanne Chevalier)

On se désole pour…

La diffusion limitée de Snowpiercer
Sorti vendredi passé chez nos cousins du sud, Snowpiercer, le nouveau film du réalisateur coréen Joon-ho Bong paraît génial. La prémisse en bref: une nouvelle ère de glace afflige la Terre, et les seuls survivants vivent, ségrégés par classe socioéconomique, à bord d’un immense train qui file à toute allure en perpétuité. Le hic: le film ne paraîtra au Canada que dans trois villes le 18 juillet,
soit Vancouver, Toronto et Calgary. Quoi?? Pas Montréal? Scandale! Espérons une annonce-surprise de la part du festival de films Fantasia, qui dévoilera sa programmation jeudi prochain… (Jeff Yates)

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!