Claude Demers/ONF Avec D’où je viens, Claude Demers conclut sa trilogie sur la famille en se penchant sur l’enfance.

Le cinéaste Claude Demers propose un voyage vers la terre de ses origines dans son nouveau documentaire D’où je viens, qui est tout sauf traditionnel.

«J’ai fui Verdun dès que j’ai pu, quand j’avais 18-19 ans, en me faisant la promesse que je n’y retournerais jamais.»

Ces mots sont de Claude Demers et, non, il n’a pas tenu sa promesse. Après avoir exploré la figure du père dans Barbiers – Une histoire d’hommes et celle de la mère par l’entremise de Les dames en bleu, il conclut sa trilogie sur la famille en se penchant sur l’enfance. La sienne en tant qu’enfant adopté et celle de quelques jeunes âmes de Verdun, ce quartier populaire plus défavorisé que la moyenne.

La noirceur du trait, réaliste et implacable, se conjugue à une narration poétique et lyrique, où les magnifiques plans aériens transcendent la souffrance et la misère humaine. De quoi ressentir la présence de ces fantômes du passé qui tendent à faire dériver D’où je viens vers la fiction et même le conte.

Cette démarche identitaire et existentielle n’est toutefois pas propre à son auteur. Peu à peu, l’essai personnel s’ouvre sur quelque chose de plus universel, à une histoire d’origine qui nous concerne tous.

«Nous ne sommes pas seuls, assure son réalisateur. Ma quête, qui commence par le Je, se développe vers le Nous.»

«On a tous un petit bled d’où on vient, qu’on a fui dans certains cas. Mais ce sont nos premiers pas, ces endroits où on a appris à parler, à s’ouvrir au monde.» – Claude Demers, rappelant qu’on revient souvent vers le quartier de notre jeunesse

À une période de l’année où le cinéma est généralement marqué par les effets spéciaux, la comédie légère ou les films à Oscars, il peut être surprenant qu’un tel essai prenne l’affiche.

«Il n’y a plus de bonne période pour sortir un film, philosophe le cinéaste. J’ai eu des doutes, mais on m’a expliqué que c’était peut-être un très bon moment… Je pense que ça peut rejoindre des gens, que c’est rassembleur. À moins qu’on soit féru de blockbusters, à chaque Noël, on cherche des alternatives. Et je pense que ça en est une bonne.»


D’où je viens
En salle dès vendredi

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