(Photo : gracieuseté) La résidence Rêvanous sortira de terre d'ici la fin de l'année prochaine. Projet immobilier géré par un OBNL, l'immeuble est aussi une expérience d'intégration sociale inédite à Montréal. Effectivement, les résidents attendus sont des personnes avec des déficiences intellectuelles ou physiques et des personnes âgées.
Un projet immobilier de 79 logements sortira de terre d’ici une année à l’angle des rues Laverdure et Sauvé, à proximité de l’école Marie-Anne. Ce ne sera pas des condominiums tant redoutés par les organismes d’insertion et d’aide au logement. Il s’agit de la résidence Rêvanous, propriété de l’OBNL du même nom, consacrée et adaptée aux aînés et aux personnes avec une déficience intellectuelle légère ou physique.

« On a voulu répondre à des demandes pressantes de parents de personnes déficientes intellectuelles, indique Jean Pascal Beaudoin de Bâtir son quartier, l’organisme responsable de la réalisation. Ils s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants alors que les années avancent et qu’ils voudraient les voir se débrouiller seuls. » Il précise que la liste d’attente est déjà longue et qu’il ne se passera pas beaucoup de temps avant que les appartements ne soient occupés.

C’est une première à Montréal et au Québec. Ces personnes, qui semblent nécessiter une prise en charge permanente, deviennent autonomes et s’intègrent à la société.

On court aussi plusieurs lièvres à la fois avec ce projet. L’autonomisation est favorisée par l’employabilité des personnes qui s’assurent ainsi un revenu et peuvent alors assumer un loyer. « Les personnes avec des déficiences intellectuelles ou physiques vivent souvent dans la précarité et ne peuvent s’assurer des revenus leur permettant de louer seuls un logement », note M. Beaudoin. Les logements propriétés d’un OBNL sont loués moins cher que le marché.

Projet d’envergure

Le coût du projet est estimé à 10 millions $, une partie est assumée par une hypothèque prise sur le bien immobilier à bâtir. Les loyers serviront aussi à payer l’hypothèque.

Le terrain a été acquis auprès de la commission scolaire de Montréal (CSDM). C’est une portion du stationnement de l’école Marie-Anne.

La majorité des logements n’ont qu’une seule chambre et seules 12 unités en possèdent deux. Le bâtiment est étudié pour accueillir une population avec des demandes spécifiques. C’est pour cela qu’on y a intégré des ascenseurs et prévu des couloirs très larges.

Les résidents trouveront aussi des activités sociales, communautaires et récréatives, ouvertes à tous pour faciliter l’intégration. Pour des besoins spécifiques, des éducateurs spécialisés apporteront leur soutien de manière personnalisée pour l’alimentation, l’hygiène et l’entretien de sa personne ou de l’appartement, selon les cas qui se présenteront.

« On leur donnera aussi une formation pour qu’ils sachent comment s’organiser chez eux dans le cadre d’ateliers de sensibilisation », indique M. Beaudoin. Ces ateliers sont offerts depuis quelques années par Rêvanous dont la mission est de favoriser l’accès à un logement à loyer modique à des adultes aptes à être autonomes malgré leur déficience intellectuelle. Il a déjà expérimenté l’intégration de ces personnes dans des HLM. « Ce sont des essais à petite échelle dans un cadre ordinaire », précise Karine Boivin de Rêvanous.

Le modèle tel que décrit est-il un palliatif aux établissements de santé spécialisés? Les initiateurs y croient, du moins pour certaines pathologies, surtout qu’on insiste sur des mots comme autonomie et intégration.

Communication indispensable

Le projet a toutefois suscité des inquiétudes dans le voisinage. Une résidente du coin avait alerté le Courrier pour signaler la coupe des arbres sur le stationnement de l’école Marie-Anne.

« Dans le plan de verdissement, nous allons planter plus d’arbres qu’il n’y en avait, annonce fièrement Amine Zoubir, chargé de projet à Bâtir son quartier, et ce sera des arbres matures. Un arbre centenaire a été maintenu, il sera protégé par une clôture. » Il s’explique mal cette inquiétude tout en exhibant les invitations adressées en juin de l’année passée aux résidents des rues adjacentes. Les gens avaient été conviés à une soirée d’information pour expliquer les détails du projet. « On n’a pas constaté de résistance ou de rejets chez les personnes présentes », se souvient Karine Boivin. On reconnaît toutefois – même à demi-mot – que ceux qui ont répondu à l’invitation n’étaient pas très nombreux.

« Nous allons continuer nos efforts en matière de communication durant le chantier, relève M. Beaudoin. Nous allons donner des coordonnées des sites Internet et un numéro de téléphone pour répondre à toutes les questions des voisins.

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