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L’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR) s’inscrit en faux contre la décision de la Cour suprême de permettre à une école montréalaise confessionnelle catholique d’offrir sa propre version du cours d’Éthique et culture religieuse (ECR).

L’AQÉCR ne croit pas que le cours d’ECR qui sera offert par l’école Loyola, et qui se donnera d’un point de vue catholique, sera équivalent au programme requis par le gouvernement du Québec.

«C’est l’enseignement de la morale chrétienne qu’on va faire. On va présenter d’autres doctrines, ce qui est bien, mais après on va dire: « voilà la position chrétienne sur ces enjeux », a affirmé à Métro le président du groupe, Sylvain Fournier. L’ECR vise plutôt à présenter différentes façons de voir, de penser et d’agir dans la société, et les élèves doivent être capables de se faire une tête à partir de ces choses-là.»

C’est un point de vue que partage Jocelyn Maclure, professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. «En plus d’apprendre à raisonner au sein de leur conception du monde, il faut permettre [aux élèves] de développer aussi une capacité de réfléchir à des questions éthiques à partir de repères communs, ou de raison publique ou séculière», pense-t-il.

S’il reconnaît que l’école Loyola doit pouvoir enseigner la foi catholique, il ne croit pas que le fait de la forcer à donner le cours d’ECR ne brime sa liberté religieuse, comme l’a jugé la cour suprême.

«Loyola a déjà des cours de catéchèse, il n’y a rien dans l’ECR qui empêche les écoles d’avoir des cours de religion confessionnelle en plus, et de promouvoir la foi de toutes autres façons, par les activités parascolaires ou par la préparation aux sacrements», croit-il.

Les deux croient que le jugement pourrait ouvrir la porte pour d’autres écoles confessionnelles, qui pourraient décider eux aussi de développer leur propre mouture du cours d’ECR.

L’AQÉCR aimerait que le ministre québécois de l’éducation, François Blais, étudie la possibilité d’avoir recours à la clause dérogatoire pour se soustraire de la décision.

M. Blais a affirmé à Radio-Canada la semaine dernière que son gouvernement «n’en est pas du tout là pour le moment».

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