Marie-Pier Gagné / TC Media Louise Montgrain, la directrice de PEC, devant le bâtiment de l’organisme, situé sur le boulevard Pie-IX.

Le Pavillon d’éducation communautaire (PEC) de Hochelaga-Maisonneuve est à court de ressources. À quelques mois de la fin de son bail avec la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le PEC fait appel au ministère de l’Éducation pour le soutenir financièrement, sans quoi il n’aura d’autres choix que de fermer ses portes.

«Ça fait quatre ans qu’on a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête. On n’en peut plus, il faut que ça se règle», souligne Louise Montgrain, directrice du PEC.

C’est qu’en 2012, la CSDM avait annoncé mettre fin à ses baux symboliques de 1$ avec les centres d’éducation populaire et à une subvention. Les difficultés financières auxquelles la commission scolaire est confrontée l’avaient obligée à retirer son appui aux six centres d’éducation populaire de Montréal, dont fait partie le PEC. Pour l’organisme hochelagais, cela représente une perte de 150 000$ annuellement.

L’organisme, dont le bail termine officiellement en mai prochain, est donc en pourparlers avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur pour tenter de trouver une solution à son problème.

Le 18 novembre, Mme Montgrain a d’ailleurs remis au ministre François Blais, en main propre, un mémoire intitulé «La contribution des Centres d’éducation populaire dans la réussite éducative».

«On nous a promis que ce serait réglé cette année, évoque la directrice. Mais on commence à être tanné des promesses qui ne finissent plus. C’est bien beau que tout le monde nous fasse des promesses, nous disent qu’on est beau et fin, mais rien de concret n’a encore été réalisé. Ça urge.»

Fermeture probable
Mme Montgrain est catégorique. Si le ministère de l’Éducation ne prend pas le financement du PEC en charge, il devra fermer.

«C’est clair que si on nous laisse à nous-mêmes, on va tomber, image-t-elle. On s’autofinance déjà à plus de 50%. De penser que nos campagnes de financement à elles seules pourraient nous garder en vie, c’est de rêver.»

Cette année, la campagne de financement annuelle du PEC a permis d’amasser environ 30 000$.

«Juste nous loger nous coûterait 100 000$. C’est une mission impossible», laisse tomber la directrice, visiblement découragée.

Comme toutes les activités offertes au PEC sont gratuites ou à très faibles coûts, l’organisme a dû trouver un autre moyen d’augmenter ses gains.

Dans son bâtiment, le PEC hébergeait jusqu’à récemment neuf organismes communautaires presque gratuitement.
«On n’a pas eu le choix de commencer à les charger pour le loyer, continue Mme Montgrain. Sauf qu’on est bien conscient qu’à force de les charger, on va les tuer. Ils n’ont pas plus d’argent que nous.»

Tentant de demeurer optimiste, Mme Montgrain continue d’espérer que le gouvernement débarquera d’ici peu avec une solution miracle.

«Dans un quartier comme Hochelaga-Maisonneuve, on ne peut pas se permettre de perdre une ressource comme le PEC. C’est plein du matin au soir ici. Je continue de croire que quelqu’un va s’en rendre compte et va nous appuyer», conclut la directrice.

Qu’est-ce qu’un centre d’éducation populaire?
Les six centres d’éducation populaire (CEP) de Montréal, dont fait partie le PEC, évoluent depuis plus de 45 ans dans les quartiers considérés traditionnellement comme étant défavorisés.

C’est dans les CEP que des milliers de personnes décident de s’inscrire à des formations non formelles, d’entreprendre des démarches d’éducation et d’insertion sociale pour sortir de leur isolement et se donner les moyens d’améliorer leur qualité de vie.

Les CEP offrent des services d’alphabétisation, de formation informatiques, de formation continue, de réinsertion, d’alimentation, de consultation juridique, de halte-garderie, de soutien aux immigrants, de langues, ainsi que d’autres activités d’ordre social, artistique et culturel.

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