Une manifestation a dérapé en marge des assises sur la gentrification qui se tenaient dans Hochelaga-Maisonneuve, dimanche. Deux personnes ont été arrêtées.

Une femme de 33 ans a été appréhendée pour agression armée sur un policier et un homme de 22 ans pour possession d’arme dans un «dessein dangereux», a indiqué Benoit Boisselle, agent relationniste médias du Service de police de la Ville de Montréal.

Les arrestations on eut lieu à l’angle de l’avenue d’Orléans et de la rue Adam, près du Chic Resto Pop, lieu de rendez-vous fixé par la mairie et la Table de quartier afin de discuter du problème de la gentrification et de ses possibles solutions.

Les manifestants s’étaient réunis vers 11h au métro Préfontaine pour prendre la direction du restaurant communautaire.

Vers 12h30, la cinquantaine de manifestants se sont heurtés à un barrage de policiers qui défendaient l’entrée de l’établissement. Des manifestants ont voulu entrer de force, ce qui a poussé la police à réagir. Un projectile pyrotechnique a été lancé par les manifestants.

Certains manifestants ont pu entrer quelques instants dans la salle par des portes dérobées, mais ont tout de suite été repoussés par les forces de l’ordre. Une personne a été arrêtée.

Un photographe de Métro a reçu un coup de coude à la tête de la part d’un policier et un autre photographe de presse a été aspergé de poivre de Cayenne pendant la manifestation.

«La présence des forces de l’ordre a été suffisante et nécessaire, a estimé le maire d’arrondissement, Réal Ménard, en rappelant que le quartier est en proie à une vague d’incivilité. Je regrette qu’il y ait eu des effets collatéraux, mais nous ne pouvons pas accepter la violence.»

Des 120 personnes qui étaient présentes dans la salle, une quarantaine ont quitté les lieux après la manifestation, certains en pleurs. «Je ne pense pas que la salle se soit vidée pour cette raison, a indiqué le maire. Les gens peuvent avoir d’autres obligations.»

Pistes de solutions
Les assises sur la gentrification ont permis de faire ressortir des pistes de solutions aux effets négatifs de ce phénomène, qui remplace «une population d’un quartier auparavant pauvre par une nouvelle population mieux nantie sur le plan culturel et scolaire autant que financier», selon le rapport de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), commandé par la mairie.

«Ce n’est pas simplement des riches qui remplacent des pauvres. La réalité est bien moins binaire», a expliqué Alexandre Maltais, professeur à l’INRS, en démontrant que la population qui arrive est moins aisée qu’on ne le pense et repose principalement sur les étudiants, les familles monoparentales et la petite classe moyenne. «L’écart de revenus faible entre gentrificateurs et gentrifiés rend la mixité sociale plus facile à vivre et rien ne dit que les rôles ne pourraient pas être inversés un jour.»

Pas moins de 25 pistes de solution ont été proposées par le comité organisateur. Les participants ont pu discuter de la création de fiducies foncières communautaires pour les logements et les commerces, d’un registre des baux, d’un moratoire sur les conversions en condos ou encore du maintien d’une diversité des commerces.

«Ce sont des solutions qu’on amène depuis des années et qui ne sont pas appliquées par manque de volonté politique, a déclaré Émilie Lecavalier, du comité BAILS, qui avait claqué la porte du comité organisateur des assises. Si ça prend des assises pour que ça bouge, tant mieux.»

Le maire Réal Ménard s’est engagé à faire un suivi des recommandations et à donner les moyens à la création d’un cadre d’applications de celles-ci.

Depuis plus d’un an, une forte vague de vandalisme antigentrification vise plusieurs commerces du quartier. Le maire Réal Ménard a annoncé l’automne dernier l’octroi de près de 100 000 $ à l’INRS pour une nouvelle étude sur la gentrification.

 

 

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