Josie Desmarais Il y aurait de nombreuses infiltrations au sous-sol du Château Dufresne, selon le Comité pour la sauvegarde du Musée Dufresne-Nincheri.

Un comité qui rassemble des artistes, citoyens et chercheurs craint que les infiltrations et l’humidité dans les réserves du Musée Dufresne-Nincheri menacent les œuvres de la collection de Guido Nincheri et de la famille Dufresne. Ce groupe dénonce une négligence de la Ville de Montréal.

Dans une lettre envoyée aux Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve, les membres du Comité pour la sauvegarde du Musée Dufresne-Nincheri déplorent un «sous-financement flagrant» dans la préservation de l’édifice du Château Dufresne, qui est la propriété de la Ville de Montréal depuis 1961. Ils jugent que la collection, qui est entreposée dans les réserves du musée, risque d’être détériorée par «un problème majeur d’infiltration d’eau au sous-sol» et demandent une intervention rapide des services municipaux.

«Ils ont remis ça à plus tard ou ils ont fait des réparations cosmétiques. Quand on veut faire des courses de petites autos dans les rues on trouve de l’argent, mais quand on arrive au sérieux, la défense du patrimoine, on ne trouve plus d’argent. Ce n’est pas normal», regrette Paul Carvalho, cinéaste et membre de ce comité.

La lettre demande le déménagement «dans les plus brefs délais» de la collection Nincheri pour procéder à une décontamination et l’entreposer dans un endroit sécuritaire.

Ginette Laroche, historienne de l’art qui a travaillé à plusieurs reprises avec le Musée Dufresne-Nincheri comme commissaire d’exposition, affirme qu’elle a constaté des infiltrations au sous-sol ces dernières années, notamment dans les pièces où sont entreposées des œuvres de Nincheri. Selon elle, les travaux menés sur le carrefour entre Pie-IX et Sherbrooke ont encore empiré la situation.

«J’avais remarqué que ça c’était aggravé, il y avait des infiltrations dans les murs. Qui dit infiltration, dit automatiquement moisissures, champignons et spores et les spores ça voyage. Cela peut affecter les collections au sous-sol et se propager aux niveaux supérieurs», craint Mme Laroche.

Spécialiste de la collection Nincheri, cette dernière s’inquiète aussi pour les autres œuvres qui sont entreposées sur place et notamment du mobilier des grands bourgeois de Montréal.

«Il y a des pièces importantes, c’est un acquis. Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir l’importance de ces collections», estime l’historienne de l’art.

Demande de rencontre
Le Musée Dufresne-Nincheri se dit «surpris» de cette annonce et affirme n’avoir appris l’existence de ce comité que récemment. Si le comité en question regrette de ne pas avoir pu rencontrer la nouvelle directrice Manon Lapointe, qui est en poste depuis le mois de juin, cette dernière assure qu’ils n’ont simplement pas réussi à trouver une date qui convient à tous et dit ne pas avoir été informée des revendications.

«Les gens qui sont intéressés par la sauvegarde du musée peuvent devenir membres. Ces gens ont pris contact avec la présidente de la Société du Château Dufresne, mais nous n’avons jamais reçu la lettre. Tout le monde l’a eue sauf nous», regrette Mme Lapointe.

Contactés par TC Media, les services de la Ville de Montréal reconnaissent le problème d’infiltrations et promettent que des travaux seront menés prochainement. Les plans et devis sont en cours d’élaboration.

«Des travaux d’urgence seront réalisés au début de 2018. Ces travaux font partie d’un plan d’intervention majeur en maintien d’actifs, dont la phase 1 se déroulera en 2018. […] Toutes les collections du musée seront entreposées de façon sécuritaire durant les travaux. De plus, tous les artéfacts nécessitant une intervention spécifique seront traités par des experts spécialisés», indique le service des communications de la Ville de Montréal.

Tracy Boccini Nincheri, qui est la représentante officielle et mandataire légale de la famille Nincheri, refuse de blâmer qui que ce soit dans ce dossier, mais espère une rencontre rapide pour préserver les œuvres.

«J’ai des inquiétudes et beaucoup de questions, mais j’espère simplement que tout le monde va se parler à un moment pour qu’on avance ensemble», indique Mme Boccini Nincheri.

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