Hugo Lorini / TC Media Pierre Emond, le propriétaire du Golf Île-des-Sœurs, est sorti de l'ombre lors du conseil d'arrondissement présenté le mardi 5 mai et a eu un échange corsé avec le maire Parenteau.

Pierre Emond, le propriétaire du Golf Île-des-Sœurs, est sorti de son mutisme. Dans un échange corsé lors du conseil d’arrondissement du 5 mai, il a confronté le maire Jean-François Parenteau sur sa décision de résilier le bail qui le lie à la Ville.

Le maire a reçu l’appui des membres du conseil pour aller de l’avant dans ses démarches juridiques contre le Golf Île-des-Soeurs. Rappelons que depuis trois semaines, l’arrondissement a mentionné la possibilité de poursuivre le Golf parce que ce dernier ne remplissait pas certaines des clauses de son contrat, dont l’installation d’une pompe qui aidera le rétablissement des conditions biologiques du ruisseau des Hérons et des bassins versants.

«Ça fait sept ans que je me bats pour ce projet et j’apprends que je risque de perdre 18 M$ [son investissement sur le golf]. Ce n’est pas normal que j’apprenne dans les médias que vous voulez m’enlever mon golf. Adopter la résolution est prématuré et inutile selon les circonstances. Nous demandons la tenue d’une rencontre avec le maire pour clarifier les détails.»

Pierre Emond a déballé son sac lors de la période de questions. Le propriétaire s’est exprimé avec passion sur l’avenir de son entreprise. «Les golfs tombent comme des mouches au Québec, je devrais recevoir une médaille pour avoir surmonté année après année les déficits.»

Le maire Jean-François Parenteau lui répond: «C’est trop peu, trop tard. » Il rappelle qu’il a envoyé une lettre et une mise en demeure au golf sans jamais obtenir de réponse. M. Emond a répliqué qu’une seule lettre n’a pas été répondue, qu’il a demandé plusieurs fois de rencontrer le maire et que ce dernier ne se serait pas présenté à une de leurs rencontres.

«Je crois personnellement que le Golf Île-des-Sœurs a sa place, c’est un beau projet porteur de bonnes idées. Pour ce qui est des conditions, elles ne sont pas remplies. J’ai communiqué avec vous et bizarrement, vous jouer la victime devant moi», poursuit Parenteau.

Construction d’un clubhouse
La première clause du contrat de 40 ans qui n’a pas été rempli est celle de la construction d’un chalet de golf. M. Emond a relancé le maire à ce sujet en lui disant qu’il serait «heureux d’apprendre que nous avons identifié depuis plusieurs mois déjà un entrepreneur spécialisé pour construire le chalet de golf.»

Il a expliqué que le projet de clubhouse est en branle depuis 2012. Selon lui, la demande de permis pour procéder aux travaux «demande de confectionner un plan additionnel qui nécessite la tenue de rencontre de coordination avec la ville afin de clarifier certain détails sur les plans et autres détails du projet.»

Installation de la pompe
Pour ce qui est de l’installation de la pompe qui est sensée puiser l’eau du fleuve, M. Emond a mentionné que cela incombait à la Ville et non au golf. Le propriétaire affirme qu’il entend payer sa part des coûts pour la station de pompage, mais que ceux-ci «doivent être raisonnables, selon les circonstances.»

De plus, M. Emond a réitéré qu’en octobre 2010, «le golf a soumis à la Ville la proposition d’installer une station de pompage dans le lac des Battures et non dans le fleuve, car cela représenterait une solution moins coûteuse et plus écologique, selon les experts.»

Taxation
La dernière clause qui ne serait pas respecté d’après le maire Parenteau est le versement de 25 000 $ par année à l’arrondissement pour la portion de taxation. M. Emond a souligné que selon l’article 5.3 pour la contribution au fonds d’amélioration, « la ville doit remettre au golf la liste des travaux requis qui doivent être faits et qui ne font pas l’objet d’appel d’offres. Vu le refus de la ville de s’acquitter de ses propres obligations, le golf n’a eu d’autres choix à la suite de suggestion des représentants de la Ville d’arrêter les paiements.

Il termine en disant qu’une fois que cela sera fait, «le golf se fera un plaisir de s’acquitter de sommes impayées qui devront être utilisées en conformité avec le bail emphytéotique.»

Parenteau conclu la conversation en soulignant que les trois points du dossier sont simples à régler. «Ce n’est pas une fin en soi ce soir, on peut encore travailler ensemble.»

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